Un prêtre réintégré au sein de l’Église

Trois prêtres ont été accusés d’agressions sexuelles sur des mineurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean et l’un d’eux a été réintégré au sein du Diocèse de Chicoutimi. Condamné à 18 mois de prison en 1992 pour des crimes commis sur des garçons, le curé Raymond Lebel a été réembauché au sein de l’Église, après avoir purgé sa peine.

Celui qui avait été responsable de paroisses dans le secteur de Jonquière n’a toutefois effectué que des tâches administratives, confirme le Diocèse de Chicoutimi. Il s’agissait de la meilleure façon à l’époque pour surveiller le prêtre.

En effet, autre temps, autres mœurs. Les démarches pour laïciser un prêtre étaient plus complexes, d’où l’attitude clémente de l’Église envers ses curés condamnés. La réforme des procédures canoniques, plus sévères à l’endroit des prêtres agresseurs, a été mise en place en 2010.

Dans le cas du curé Maurice Perron, reconnu coupable au début des années 2000, le Diocèse de Chicoutimi n’a pas eu à le réintégrer. Le prêtre jeannois a quitté la région.

Plus récemment, l’abbé Paul-André Harvey s’est volontairement laïcisé, pour éviter un procès canonique. Il est décédé en prison au début du mois de mai.

« Dans le cas du prêtre Raymond Lebel, c’est le Diocèse qui l’a dénoncé aux autorités. À son retour, on s’est assuré qu’il ne soit pas en contact avec la clientèle. Il n’a fait que du travail administratif », a précisé Me Estelle Tremblay, l’avocate du Diocèse.

En effet, Lebel a conservé son titre de prêtre, mais n’a jamais retrouvé de responsabilités pastorales. Il est demeuré à l’emploi pendant quatre ans, avant de prendre sa retraite.

Aujourd’hui à 84 ans, Raymond Lebel agit bénévolement à titre d’aumônier pour les sœurs et secrétaire sur le comité presbytéral.

Lebel, rappelons-le, a plaidé coupable à des accusations de grossière indécence et d’attouchements sexuels sur trois adolescents. Selon la preuve, les gestes reprochés se déroulaient au chalet du religieux.