Un présumé tireur renonce à sa liberté

Alors que son enquête de remise en liberté tirait à sa fin, le présumé tireur de Jonquière, Christopher Ouellet, a renoncé à la procédure judiciaire afin de protéger les membres de sa famille.

Ouellet, âgé de 20 ans, aurait tiré un coup de feu en direction d’un homme le 6 février. Il est accusé de tentative de meurtre en utilisant une arme à feu à autorisation restreinte, d’avoir voulu le blesser en déchargeant une arme à utilisation restreinte, d’avoir volontairement entravé le cours d’une enquête (il s’est débarrassé de l’arme) et d’avoir braqué une arme à feu. Ces accusations sont passibles d’une peine minimale de cinq ans.

Il est aussi accusé d’avoir eu en sa possession une arme dans un dessein dangereux, d’avoir eu en sa possession une arme sans être titulaire d’un permis et de menaces de causer la mort. 

« À la suite de ce qu’il a appris dans la preuve, notamment que des individus voulaient venger la victime, mon client ne veut plus impliquer les membres de sa famille. Il renonce à son enquête de remise en liberté et demande à subir son procès », a expliqué son avocat, Me Julien Boulianne.

La preuve 

Si Ouellet a viré son capot de bord, c’est qu’il a appris des détails dont il n’était pas au courant de cette fin de soirée du 6 février.

Trois individus se sont présentés à son domicile de la rue Goya, à Jonquière. Ils cherchaient un homme qui leur devait de l’argent.

Ouellet, surnommé Tito, leur a dit qu’il n’était pas là. La discussion s’est poursuivie sur le pas de la porte. Ouellet a demandé à la victime de l’attendre, qu’il avait quelque chose pour elle. Il est revenu avec une carabine.

« L’accusé a frappé l’homme au torse avec le canon de l’arme à deux reprises. Il lui a demandé s’il voulait savoir si elle fonctionnait ou si elle était chargée. La victime s’est demandé si elle devait se mettre à courir ou donner un coup de poing à l’agresseur », a résumé Me Sébastien Vallée, de la Couronne.

« La victime a tenté d’agripper le canon, mais il lui a glissé entre les mains. C’est là que l’accusé a pesé sur la détente et blessé la victime au ventre », de dire Me Vallée.

Ayant du mal à respirer, la victime a demandé à être amenée rapidement à l’hôpital.

Lors de l’enquête tenue mercredi matin, Ouellet a appris que les individus avaient voulu retourner chez lui pour le venger (ils ont été interceptés par les policiers avant). 

« Mon client ne savait pas qu’ils voulaient venger leur ami et qu’ils avaient tenté de retourner chez lui. Il a fait preuve de maturité », de dire Me Boulianne. 

Au lendemain de l’événement, Ouellet s’est rendu lui-même aux policiers. Il a collaboré avec les enquêteurs et a même corroboré, en grande partie, le résumé de la victime, à une exception près.

Dans sa déclaration, Ouellet prétend que le coup est parti accidentellement au moment où la victime a saisi l’arme par le canon.

« Je ne savais pas que l’arme était chargée. Après le coup de feu, je suis parti avec mon camion pour jeter l’arme dans un cours d’eau. J’ai abandonné ma voiture à un autre endroit et j’ai appelé un taxi. Je suis allé me cacher dans une cabane à pêche. Sachant que j’étais recherché, je me suis présenté au palais de justice », a déclaré Ouellet aux enquêteurs de la Sécurité publique de Saguenay.

Des négociations auront lieu entre les parties avant la tenue d’un procès. 

Le principal litige réside dans l’intention ou non de tirer de l’accusé et sur le fait qu’il ait utilisé une arme à utilisation restreinte. Comme la carabine manque toujours, la défense croit qu’il pourrait être difficile d’en faire la preuve.