Me Nadine Touma se réjouit de l’acquittement de son client et estime que cette décision enlèvera un poids de sur les épaules des policiers.

Un poids de moins sur les épaules de la SQ

L’acquittement du policier Maxime Gobeil lui enlève un énorme poids sur les épaules et celles de ses collègues. Malgré le verdict, les patrouilleurs de la Sûreté du Québec (SQ) ont déjà modifié leur façon de conduire en situation d’urgence.

Me Nadine Touma, avocate en défense, confirme que les policiers en patrouille ont effectivement changé leur façon de conduire dès la mise en accusation du policier. L’agent avait été accusé le 8 septembre 2016 de conduite dangereuse causant la mort. Les accusations étaient tombées à la suite du rapport des enquêteurs du Service de police de la ville de Québec (SPVQ), appelés à faire la lumière sur le tragique événement.

« Absolument, la façon de conduire a changé. Le processus judiciaire et la mise en accusation d’un policier, qui a conduit en situation d’urgence pour un appel prioritaire, ont eu un impact sur la façon de faire des policiers, à mon sens et selon ce que j’ai entendu. Ça a amené à une prise de conscience pour jauger sur chaque déplacement ce qui est vraiment requis », a commenté Me Touma.

« Ça a des impacts. La mise en accusation a fait en sorte que la vie de mon client a été mise en suspens pendant trois ans et demi. Il a été suspendu (avec solde). Il veut reprendre le travail, mais il devra passer par un processus disciplinaire et je ne peux dire à quel moment il sera de retour », ajoute la criminaliste.

Me Touma a précisé que Maxime Gobeil et toute la communauté policière étaient véritablement peinés pour les familles touchées par ce triste événement.

Elle a poursuivi en disant que le juge a pris en considération le statut du policier et le fait qu’il se déplaçait en situation d’urgence.

« Ce qui est important dans la décision rendue aujourd’hui, c’est qu’elle est minutieuse. Le juge a fait un rappel de tous les faits dans cette affaire. La décision est bien fondée en droit. »

« La décision est importante pour tous les gens qui ont à faire de la conduite en urgence, parce que le juge a pris le temps de faire la différence entre l’état d’esprit de qui est blâmable et les circonstances dans cette affaire-ci. Et la conduite d’urgence était nécessaire pour répondre au type d’appel de violence conjugale », indique Me Touma, précisant que les supérieurs du policier ont estimé qu’il était nécessaire d’envoyer trois policiers sur les lieux.

Réactions

Pierre Veilleux, président de l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ), parle d’un soulagement pour tous les policiers du Québec et du Canada, mais aussi pour tous ceux qui ont à conduire un véhicule d’urgence (pompiers et ambulanciers notamment).

Selon lui, ses membres sont devenus plus nerveux et plus craintifs lorsque leur collègue a été accusé au criminel.

« Il est certain que ça a changé la façon d’agir. Nous avons eu trois événements graves en Outaouais, à Longueuil et au Lac-Saint-Jean. Ce sont des événements malheureux où il y a eu des décès et nous convenons que ça ne devrait jamais arriver. Mais ça arrive et ce sont des accidents. Les accusations criminelles ont eu l’effet d’une douche froide sur nos membres. Nous avons été interpellés par nos membres. »

« Nous leur avons demandé de lever le pied et de respecter les limites de vitesse, sauf dans les cas où une vie est en danger. Ce qui est paradoxal, c’est que les gens nous demandent de répondre rapidement à un appel, mais lorsqu’un accident survient, nos membres risquent la prison et de perdre leur emploi. Nous allons continuer l’analyse de la situation », a mentionné M. Veilleux au Quotidien.