Un peu de réflexion en prison

Le Chicoutimien Luc-Pierre Legault réfléchira encore 27 jours en détention afin de le sensibiliser au danger d’inhaler le gaz des bonbonnes de dépoussiéreur de clavier d’ordinateur et pour comprendre qu’il ne peut remettre les pieds au Dollorama.

L’individu de 36 ans a été arrêté à plusieurs reprises au cours de la dernière semaine, chaque fois pour avoir brisé ses conditions de la probation ou d’engagements.

Le client de Me Olivier Théorêt, de l’Aide juridique, a comparu vendredi matin devant le juge Jean-Paul Aubin, de la Cour du Québec, afin de régler six dossiers comprenant 10 chefs de bris et une possession de stupéfiants. Me Pascal Lévesque, de la Couronne, et Me Théorêt ont soumis une suggestion commune au magistrat, en espérant que le passage en détention aura un effet bénéfique sur l’individu qui cumule 59 pages d’antécédents judiciaires depuis son passage à l’âge adulte.

Juste au cours du dernier mois, entre le 7 mai et le 7 juin, Legault a été arrêté par les policiers de la Sécurité publique de Saguenay à six reprises. Lors de la première occasion, le 7 mai, il criait dans des commerces et avait des hallucinations. Les agents l’ont arrêté et l’ont laissé repartir en lui précisant de ne plus inhaler le produit de la bonbonne. Quelques minutes plus tard, il recommençait le même manège. Les agents l’ont arrêté à nouveau, lui donnant un constat d’infraction et découvrant une faible quantité de cannabis dans les poches de son manteau. Il se trouvait sous deux ordonnances de probation.

Moins de 12 jours plus tard, Legault est pris à consommer de la drogue, ce qui lui est interdit. Un autre bris est enregistré.

Là où les choses dégringolent, c’est à compter du 2 juin. Il se rend au Dollorama et achète une bonbonne d’aérosol. Comme il n’a pas le droit d’y être, Legault est arrêté et libéré sous promesse de comparaître. Le lendemain, Legault est une nouvelle fois pris à inhaler le contenu des bonbonnes. Les agents en trouvent quelques-unes dans un sac. Il est encore une fois arrêté et gardé en détention.

Le 4 juin, il comparaît au tribunal de Chicoutimi afin de recouvrer sa liberté. Le tribunal lui accorde ce privilège à la condition notamment de ne pas retourner au commerce de la rue Racine.

À peine sorti du palais de justice, l’accusé se retrouve au Dollorama où une nouvelle plainte est déposée à la police. L’individu est demeuré incarcéré durant trois jours et a appris vendredi matin qu’il était condamné à 30 jours de détention. Le juge lui retranche les trois journées qu’il a déjà passées derrière les barreaux.

Tous les intervenants en justice espèrent que Legault aura le temps nécessaire pour comprendre les dangers reliés à l’inhalation de ce produit et surtout pour éviter de retourner dans un commerce où il ne peut aller.