Me Marie-Ève St-Cyr, en défense, estime que son client peut se réhabiliter en poursuivant ses thérapies.

Un pédophile de 21 ans au pénitencier

L’Ambroisien Nicolas Gagné a pris le chemin du pénitencier pour une période de deux années. Il a plaidé coupable de possession, de distribution et de production de pornographie juvénile. Il a pris, à leur insu, des photos de jeunes garçons en maillot de bain et en mettant l’emphase sur les parties génitales. L’individu veut se réhabiliter, mais une récidive est toujours possible étant donné que l’accusé est qualifié de pédophile primaire.

Le jeune homme de 21 ans est passé mercredi matin au Palais de justice de Chicoutimi pour y recevoir sa peine. Il savait à quoi s’attendre. Il est arrivé avec un sac de sport de couleur jaune rempli de vêtements, sachant que Me Nicole Ouellet (Couronne) et Me Marie-Ève St-Cyr (défense) étaient pour faire une suggestion commune au juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec.

Gagné, un homme de petite stature, est demeuré droit devant le président du tribunal en entendant la représentante de la Couronne résumer les faits.

Entre janvier 2014 et juillet 2016, celui qui est identifié par les spécialistes comme un pédophile primaire, a mentionné Me Ouellet, a pris des images d’enfants qu’il gardait et d’autres jeunes garçons qui se trouvaient dans des vestiaires sportifs dont il avait la responsabilité à titre de surveillant.

Il faut savoir que Gagné n’a jamais touché aux enfants et n’a pas fait de photos d’eux alors qu’ils étaient complètement nus. 

« Il utilisait son téléphone pour prendre les photos à l’insu des enfants. Il n’y avait pas de nudité, sauf que l’on voyait les enfants en boxer ou en maillot de bain. Il mettait l’emphase sur les parties génitales », a expliqué Me Ouellet au tribunal.

« Il n’y a pas eu de photos où on voit les enfants nus. Les images n’étaient pas dégradantes, mais tout de même dérangeantes. Surtout pour les enfants. Ces images existent et, encore aujourd’hui, nous ne savons pas qui peut les posséder et les regarder », a poursuivi la représentante du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Gagné s’est fait prendre après avoir fait parvenir à un réseau de pédophiles australien huit photographies des enfants. Ce sont les représentants de ce pays de l’Océanie qui ont alerté les autorités de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Les policiers sont parvenus à géolocaliser la provenance des images et sont débarqués au domicile des parents des enfants photographiés. 

Ceux-ci, qui n’avaient rien à voir avec les gestes commis, ont pu identifier l’accusé. Celui-ci a été arrêté par les policiers de la Sûreté du Québec en mai 2016.

« Il a immédiatement collaboré avec les policiers. Il a avoué ce qu’il avait fait et s’est remémoré le moment où un déclic s’est fait dans sa tête pour regarder de la pornographie juvénile. »

« Les policiers ont saisi 40 photos, dont 35 de sa production, huit vidéos, dont un où il s’agissait de pédopornographie (mais ce n’est pas lui qui avait tourné les images). Il a mentionné avoir consommé beaucoup de pornographie juvénile, mais qu’il effaçait régulièrement les images », a poursuivi Me Ouellet. 

Regrets

Au cours des deux dernières années, Nicolas Gagné a fait de nombreux efforts pour comprendre sa problématique et tenter de trouver des solutions pour s’en sortir.

« Il est conscient de son problème. C’est rare que l’on voie ça. Mon client veut s’en sortir. Il a fait des efforts incroyables. Il a payé de sa poche des rencontres avec une sexologue. Il a été un actif pour la société. Il a des regrets et des remords », a noté Me St-Cyr, qui a précisé que son client n’avait pas d’antécédent judiciaire.

Même si Nicolas Gagné n’a pas voulu s’adresser au tribunal, il a tout de même répondu aux questions du juge. 

« Je crois que les victimes vont savoir que j’ai eu ce que je mérite. Je ne voulais pas aller à procès et je veux que ça puisse se finir toute cette histoire-là. Je suis ouvert à suivre une thérapie, car je sais que je vais être gagnant au final. J’ai des acquis depuis un certain temps et je veux travailler à en obtenir d’autres », a exprimé Gagné.

Les deux parties ont tenu compte, dans la suggestion commune, du rapport présentenciel positif et des possibilités d’une réhabilitation.

Le juge Boudreault a accepté la recommandation des deux procureurs. Il a ajouté une période de probation de 36 mois à sa sortie du pénitencier et l’oblige à suivre les programmes thérapeutiques suggérés en lien avec sa déviance sexuelle.

Le magistrat a mentionné qu’il était important de protéger les enfants contre ce genre de gestes. 

Gagné devra fournir un échantillon d’ADN, sera fiché au registre des délinquants sexuels pour la balance de ses jours et aura un accès très limité à Internet. Il lui est naturellement interdit d’être en contact avec les victimes.