Un octogénaire reconnu coupable

L’octogénaire Adrien Bouchard est reconnu coupable d’avoir conduit son camion avec un taux d’alcoolémie supérieur à la limite permise causant un accident et des lésions corporelles à deux victimes.

Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, retient que l’alcoolémie (0,132) de l’homme maintenant âgé de 85 ans (il avait 80 ans en 2013) a contribué de façon appréciable à l’accident, même si la conductrice de l’autre véhicule impliqué roulait à une vitesse de 136 kilomètres à l’heure dans une zone de 90 km/h. Cet état de fait n’élimine pas la responsabilité de l’accusé.

Dans une décision de 14 pages, le juge a aussi retenu les déclarations incriminantes de l’homme de Saint-Nazaire, qui a avoué spontanément aux policiers qu’il était « bien chaud », qu’il avait coupé la route à l’autre conductrice, qu’il ne l’avait pas vue et que le soleil ne l’avait pas aveuglé ou dérangé. Adrien Bouchard a aussi dit qu’il plaiderait coupable.

L’événement s’est produit le 21 mai 2013 dans la municipalité de Saint-Nazaire. Adrien Bouchard a alors tenté de traverser la route 172 pour aller rejoindre le rang 3. Mais au moment où il le fait, un autre véhicule est arrivé à vive allure. La conductrice n’a pas eu le temps d’éviter l’accident.

La dame et sa passagère ont subi des blessures à la suite de l’impact, de même que l’accusé, qui a été transféré à l’hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec.

Au terme de l’enquête, il a été démontré que l’octogénaire était passé au dépanneur en matinée pour acheter six petites bières. Il avait ensuite passé une partie de la journée à consommer de la bière avec des amis.

Vers 17 h 45, Adrien Bouchard a quitté le domicile avec l’intention de traverser la 172 et d’emprunter le rang 3 afin de retourner chez lui.

C’est à ce moment que la Chevrolet Cruze est arrivée. Les deux véhicules sont entrés violemment en collision et les voitures ont terminé leur course dans un fossé.

L’analyse de l’expert en collision de la Sûreté du Québec démontre que la conductrice de la Cruze circulait à 123 kilomètres à l’heure au moment du freinage. Cette vitesse était de 132 à 136 km/h seulement quelques secondes auparavant.

Lors des représentations à la suite du procès de mai dernier, Me Charles Cantin, en défense, s’est appuyé sur les conclusions de son expert à l’effet que la conductrice de l’autre véhicule roulait à une vitesse excessive et qu’il s’agissait là d’un élément majeur de responsabilité de la part de la victime, lui rejetant le blâme.

Pour Me Michaël Bourget, du bureau de la Couronne, la seule explication logique à l’accident était la conduite de l’accusé avec les facultés affaiblies.

Le magistrat aura penché sur le fait que l’accusé se trouvait en état d’ébriété au moment de l’accident.

Les représentations sur sentence devaient avoir lieu en septembre. Malgré son âge avancé, M. Bouchard s’expose à une peine de détention.