Luc Girard a été arrêté en 1998 et a récidivé en 2000, en 2006 et en 2010 (trois facultés affaiblies), avant de retomber en 2018. Il a déjà purgé une sentence de 19 mois de détention.

Un multirécidiviste de l'alcool au volant se reprend en main

Luc Girard, de Saint-Ambroise, a démontré son intention de se reprendre en main. Depuis une dizaine de mois, il a cessé toute consommation d’alcool et semble sur la voie de la réhabilitation.

Cette reprise en main pourrait lui éviter la détention ferme à Roberval. L’homme de 40 ans a plaidé coupable à une huitième conduite en état d’ébriété et à une première infraction de conduite pendant interdiction en mars 2018.

Après une thérapie fermée de six mois, Girard s’était présenté devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, à la fin du mois d’octobre 2018, un mois après la fin de la thérapie.

Le client de Me Jean-Marc Fradette avait alors demandé au tribunal de ne pas lui imposer immédiatement sa peine, étant donné qu’il devait sauver son entreprise de camionnage de la fermeture. Sa conjointe et sa mère étaient venues plaider en sa faveur.

Le magistrat a accepté de reporter les plaidoiries sur la sentence au 31 janvier. Le juge avait alors signifié que ce serait l’occasion de voir le sérieux de l’accusé et que s’il commettait la moindre erreur, il prendrait le chemin de la prison.

En l’espace de trois mois, Girard et son entourage ont sauvé la compagnie, ont payé les dus aux gouvernements et à leurs fournisseurs. Le fait que l’accusé ait pu continuer son boulot a évité des frais importants à l’entreprise qui a pu reprendre le dessus. Il a cessé la consommation.

« Je n’ai pas consommé et l’alcool ne me manque pas du tout. Pour la première fois de ma vie, je me sens bien, je suis bien. Je me lève en meilleure forme et je peux m’amuser avec les enfants. Je ne le faisais pas avant, car je dormais une bonne partie de la journée après être rentré à 3 h du matin », a souligné Girard.

Interrogé par le juge sur les risques d’une rechute, car il a échoué à plusieurs reprises depuis sa première infraction, lui a-t-il fait remarquer, Girard a précisé avoir eu, en thérapie, les outils nécessaires pour faire face à des situations difficiles.

« Nous avons un groupe sur Facebook et on se parle chaque semaine. Lorsque c’est nécessaire, on peut s’aider entre nous. J’ai aussi beaucoup d’appuis de ma famille et des gens qui travaillent à la compagnie. Tout ça m’aide à mieux gérer les bouts moins faciles », a-t-il répondu.

Luc Girard a été arrêté en 1998 et a récidivé en 2000, en 2006 et en 2010 (trois facultés affaiblies), avant de retomber en 2018.

Il a déjà purgé une sentence de 19 mois de détention.

Le juge Boudreault a pris la décision en délibéré étant donné que Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a suggéré une peine ferme variant entre 18 mois et deux ans moins un jour, alors que Me Jean-Marc Fradette croit qu’une sentence de deux ans moins un jour en société serait raisonnable en raison des efforts faits par son client.

« Je tiens à vous féliciter pour les efforts faits. Vous avez réussi une thérapie parce que vous vouliez vous en sortir. Vous êtes un cas d’exception. Plusieurs font une thérapie pour éviter la prison ou pour sortir plus vite. Ça ne semble pas votre cas », indique le juge.

« Vous avez une chance de démontrer que vous vous êtes repris en main. Je vais prendre la décision en délibéré, mais sachez que si vous sortez du chemin, la Couronne va s’en souvenir », a mis en garde le magistrat.

La décision finale sera rendue le 12 avril, au moment même où Girard aura terminé un important contrat pour une entreprise de Chapais et où il aura quelques mois sans travail en forêt devant lui, au cas où une peine d’emprisonnement ferme serait prononcée.

Quant à l’interdiction de conduire, Me Inkel a demandé une période de 10 ans, mais tout porte à croire que malgré la décision, la Société de l’assurance-automobile du Québec lui imposera un antidémarreur pour le reste de sa vie.