Un multirécidiviste de l’alcool au volant évite la prison

Même si Luc Girard est un multirécidiviste de l’alcool au volant et qu’il risquait une peine de détention ferme, il a réussi à démontrer au tribunal qu’il s’était repris en main, qu’il ne consommait plus et qu’il méritait une chance.

Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a cru au témoignage de l’homme de 40 ans et lui évite un long séjour au Centre de détention de Roberval. Il lui impose une peine de 24 mois à purger en société, à laquelle s’ajoutent une période de probation de 36 mois et une interdiction de conduire de 10 ans.

Girard a été arrêté le 30 mars 2018 alors que sa camionnette s’était retrouvée dans le champ. Il était ivre au volant et avait soufflé un taux de .163, soit plus de deux fois la limite. Il en était à sa septième accusation de conduite avec les facultés affaiblies (1998, 2000, 2006, 2010 – trois dossiers – et 2018) et à une première accusation de conduite pendant interdiction.

Le 7 avril 2018, après avoir passé neuf jours en détention, il a plaidé coupable à la première occasion et a entrepris immédiatement sa toute première thérapie pour venir à bout de ses démons. Six mois plus tard, à l’automne 2018, il disait au juge qu’il était un homme nouveau et qu’il ne voulait plus consommer d’alcool.

Le tribunal lui a donné le temps de faire ses preuves. Un an après son plaidoyer de culpabilité, Girard n’a plus touché à une goutte d’alcool. Il a remis sa compagnie (entrepreneur forestier) sur les rails, a repris vie la commune avec sa conjointe et profite pleinement de la vie.

« Rarement a-t-on vu un profil aussi positif de reprise en main. Il s’agit d’un redressement exceptionnel réalisé en un an. Votre réhabilitation est convaincante. D’ailleurs, la Couronne l’a même reconnu, car elle a revu à la baisse la durée de la peine », a mentionné le juge Boudreault.

Le magistrat a pu condamner l’homme de Saint-Ambroise à la collectivité étant donné que le Directeur des poursuites criminelles et pénales n’avait pas émis d’avis de récidive. Si tel avait été le cas, Girard aurait passé au minimum une année en détention.

« La défense (Me Jean-Marc Fradette) avait suggéré une peine dans la collectivité pour sauver la famille de l’accusé et son entreprise. L’absence d’avis de récidive et la reprise en main de l’accusé me permettent de sortir de la fourchette des peines et de tenir compte de l’individualisation des peines plutôt que la proportionnalité », a poursuivi le juge.

Il faut savoir que Girard avait écopé d’une peine de 19 mois de détention en 2010. Il avait réglé trois dossiers de conduites en état d’ébriété. On lui avait enlevé le droit de conduire pour une période de sept ans.

Sur la peine de 24 mois moins un jour en société, le juge Boudreault a retranché les six mois de thérapie. Il lui impose un couvre-feu et lui a précisé que s’il manquait à ses conditions, sa liberté lui serait révoquée.