Un Jonquiérois évite la prison

Lorsqu’il a fait son entrée au Palais de justice, les probabilités que le Jonquiérois Dany Larocque soit dirigé vers la prison de Roberval pour plusieurs mois étaient très marquées. Mais sa réhabilitation des 18 derniers mois et sa volonté de cesser sa consommation l’amèneront plutôt à une thérapie de six mois en société.

L’individu de 39 ans devait connaître la sentence que le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, devait lui imposer pour un vol qualifié de 200 $ — contre la cliente d’un guichet automatique —, du vol d’un sac de pourboires chez Tim Hortons, du vol de billets de loterie dans un dépanneur, de même que pour des menaces et des bris d’engagement.

Lorsque Me Michael Bourget, de la Couronne, a commencé à faire le bilan des événements de décembre 2016 à janvier 2017, le tableau n’était pas très clair pour Larocque.

Le client de Me Marie-Ève St-Cyr a témoigné afin de convaincre le tribunal qu’il avait repris le droit chemin.

Larocque n’a pas eu une enfance facile. Élevé dans une famille criminalisée, il a appris à vivre dans ce milieu, qualifié de « tout croche ». Un de ses frères a même couché avec sa conjointe durant une année, l’amenant à sombrer dans une profonde dépression.

« Lorsque j’ai volé la vieille dame au guichet, je n’en avais pas contre elle. Ça aurait été n’importe qui, je voulais juste avoir l’argent. Je ne me souviens pas de l’avoir bousculée. Je n’avais pas dormi depuis cinq jours à cause de la drogue. Je n’étais pas moi-même », dit l’accusé.

« Tout ça à cause de la drogue. J’ai consommé de 10 à 15 métamphétamines par jour durant 15 ans. Je n’ai pas avancé depuis 15 ans. Je veux en finir avec la drogue », indique Larocque, qui n’a pas été en mesure de compléter ses trois thérapies.

Témoignage
Malgré tous les bons mots de Larocque, c’est davantage le témoignage de sa sœur cadette, Marie-Danielle, qui a fait virer le vent. Le juge l’a qualifiée de grande personne, même si elle n’est âgée que de 23 ans.

« Je vais aider et appuyer mon frère, même s’il m’a déjà volé 400 $, qu’il m’a remboursés. Mon frère est comme Dr Jekyll et Mr. Hyde lorsqu’il consomme. Je ne peux pas l’abandonner. Je l’ai déménagé à Lévis afin de lui offrir une meilleure vie », indique celle qui a été franche et honnête.

« Je suis convaincue qu’il peut s’en sortir, mais il ne pourra le faire seul. Il doit être entouré. Il a besoin de soutien. Je suis même prête à le prendre chez moi. Je m’occupe déjà de notre autre frère, celui qui a couché avec la femme de Dany. Mais ils se sont réconciliés depuis ce temps », note la mère de famille.

D’ici le 18 juillet, Me St-Cyr devrait avoir obtenu l’autorisation pour une thérapie en société d’une durée de six mois, surtout que le magistrat ne croit pas que la détention soit la solution.

« Je suis d’accord avec ça », a lancé Me Bourget, qui venait de changer son fusil d’épaule, lui qui songeait à une détention ferme.