« L’accusé s’est souvent chicané avec sa conjointe, lui a lancé toutes sortes d’insultes et a fait en sorte de l’abaisser de façon régulière », explique Me Sabrina Tremblay, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Un homme violent se reprend en main

Ce que Marc Gaudreault a fait à son ex-conjointe n’a rien, mais absolument rien de chic. Mais comme il s’est repris en main, qu’il a obtenu des certificats d’honneur de sa maison de thérapie, il pourrait éviter la prison ferme.

L’individu de 28 ans de la rue Bégin, à Chicoutimi, a plaidé coupable, lundi matin, à des accusations de voies de fait causant des lésions, de menaces, de voies de fait, mais aussi de possession de 0,65 gramme de cannabis et 1,44 gramme de haschisch. Gaudreault n’a pas réalisé ses 200 heures de travaux communautaires et avait omis de faire son changement d’adresse.

Pour faire une histoire courte, le couple a vécu ensemble durant environ trois ans. Si, la première année, tout s’est déroulé assez rondement, les choses ont commencé à mal tourner par la suite. La relation a été qualifiée de tumultueuse. La consommation de stupéfiants, de la part des deux personnes, n’a pas aidé à améliorer la situation.

« L’accusé s’est souvent chicané avec sa conjointe, lui a lancé toutes sortes d’insultes et a fait en sorte de l’abaisser de façon régulière », explique Me Sabrina Tremblay, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Les principaux faits reprochés au client de Me Olivier Théorêt, de l’Aide juridique, remontent au 24 février 2017. À la suite d’une chicane de couple, la victime s’est recroquevillée en petite boule dans un coin de l’appartement.

« Elle s’est retrouvée repliée sur elle-même dans un coin et il s’est mis à la frapper avec ses pieds et ses poings jusqu’à lui fracturer le bras. À l’hôpital, on a dû lui insérer une tige de métal », a poursuivi Me Tremblay.

« Auparavant, il lui avait fermé une porte sur la main et lui avait aussi cassé le pouce, alors que madame voulait le réconforter lors d’une crise », a précisé la procureure de la Couronne.

Pour sa part, Me Théorêt a reconnu que les gestes posés par son client ne sont pas banals, bien au contraire.

« Les gestes sont graves. Mais mon client a suivi une thérapie fermée de six mois à Bécancour et il a demandé lui-même à poursuivre durant deux mois. Tout a bien été », a noté Me Théorêt.

D’ailleurs, le succès de cette thérapie a amené les deux avocats à avoir de bons mots à l’endroit de Gaudreault.

« C’est la première fois que je vois un rapport aussi bon. Le rapport est excellent. L’accusé a adopté une attitude remarquable en thérapie et la réhabilitation semble faite », a ajouté Me Tremblay.

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a reconnu aussi les efforts menés par l’accusé. Il a qualifié le tout de positif.

« Votre thérapie tire à sa fin et vous savez que c’est par la suite que le véritable test commence. Vous n’aurez plus l’encadrement que vous aviez », a indiqué le magistrat.

Questionné sur sa consommation de stupéfiants, Marc Gaudreault a été catégorique. 

« C’est fini la consommation et je suis bien content d’être sorti de là », de dire l’accusé.

Un rapport présentenciel a été demandé, le temps de bien évaluer l’individu avant que les représentations sur sentence ne soient faites le 19 février.

Il reste à savoir si sa reprise en main lui permettra d’éviter la détention ferme.