Me Julien Boulianne

Un homme renie son ami et le fait accuser

Il arrive qu'un événement malheureux vienne mettre en doute la profonde amitié entre deux individus. Allex Beaulieu-Papineau l'a appris à ses dépens lorsque son grand ami a prétendu ne pas le connaître et l'a accusé de lui avoir fait absorber du GHB à son insu.
Beaulieu-Papineau a été acquitté de l'accusation d'avoir administré un poison, une substance destructive ou une substance délétère avec l'intention d'affliger ou de tourmenter la victime (article 245b du Code criminel canadien).
Il s'agit d'une accusation qui est portée assez rarement. Elle est tout de même passible de deux années d'emprisonnement.
Le soir du 19 août dernier, Beaulieu-Papineau, âgé de seulement 19 ans à ce moment, se retrouve dans un débit de boisson avec l'un de ses meilleurs amis.
Les deux hommes y consomment de l'alcool. Selon les détails obtenus, la victime aurait consommé de plein gré du GHB. À la sortie du bar, l'homme s'est effondré au sol, sans connaissance.
À l'arrivée des policiers, Beaulieu-Papineau se tient près de son ami. Les agents vérifient son identité, s'aperçoivent qu'il a un couvre-feu à respecter (il est en dehors de ses heures de sorties), le fouillent et découvrent du GHB.
Pas mon ami
En direction de l'hôpital, l'accusé, un résidant de la rue Sainte-Cécile à Jonquière, accompagne un agent et son ami, qui est sous l'effet de la drogue.
Le policier tente de comprendre ce qui a bien pu se passer. Si Beaulieu-Papineau a prétendu que la victime était son grand ami, celle-ci a plutôt dit, à son réveil, ne pas le connaître. Elle a laissé voir qu'elle était sortie seule dans un bar de la rue Racine afin de prendre un verre et que l'accusé lui avait probablement administré la drogue à son insu.
Beaulieu-Papineau s'est défendu et a répété qu'il connaissait bien la victime et qu'ils étaient des amis de longue date. Ce ne fut pas suffisant et il a été arrêté et accusé.
Mais mercredi matin, devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, Me Nicole Ouellet, de la Couronne, a fait valoir qu'elle n'avait pas de preuves à offrir au tribunal.
« La victime ne s'est pas présentée au Palais de justice pour venir témoigner. Les policiers ont tenté de communiquer avec elle, mais les appels n'ont pas été entendus. Les agents se sont rendus à son domicile, mais n'ont eu aucune réponse », a mentionné Me Ouellet.
Il n'a pas été possible de savoir pour quelles raisons la victime a trahi et renié son lien d'amitié avec Beaulieu-Papineau.
Me Julien Boulianne, en défense, était bien heureux que son client soit acquitté de cette accusation, d'autant plus qu'il prétend toujours qu'il n'avait rien à se reprocher.
Pas la fin
Même si l'accusé a été acquitté de ce chef d'accusation, il n'en a pas pour autant fini avec la Justice. Arrêté après avoir abandonné sa thérapie, il demeure incarcéré au moins jusqu'au 29 mars. L'individu fait face à de nombreux autres chefs d'accusation, allant de la possession de stupéfiants (quatre dossiers), des bris d'engagements et de probation (cinq dossiers) et d'introduction par effraction et de voies de fait causant des lésions. « J'ai entrepris des discussions avec ma collègue de la Couronne et nous pourrions peut-être trouver un terrain d'entente », a mentionné l'avocat Julien Boulianne, pour conclure.