Les gestes ont été posés entre les années 1950 et 1990 sur huit victimes.

Un homme de 88 ans coupable de sordides agressions sur des enfants

Un octogénaire de Ferland-et-Boilleau a plaidé coupable, vendredi, à plusieurs chefs de contacts sexuels et d’attentats à la pudeur relatifs à de sordides agressions commises entre les années 1950 et 1990 sur huit victimes, dont une âgée d’à peine 4 ans.

Sans femme ni enfant, Claude Bergeron a confessé aux policiers avoir commis des gestes horribles sur ses victimes, qui ne peuvent être identifiées en vertu d’une ordonnance de non-publication.

C’est l’une d’elles qui l’a finalement dénoncé en novembre 2017, mais l’imposante preuve à collecter a reporté le dépôt des accusations à l’été 2018, puis d’autres délais ont finalement fait en sorte de ramener l’affaire devant le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, vendredi, au Palais de justice de Chicoutimi.

Durant quatre décennies donc, celui qui est âgé de 88 ans a commis des actes horribles sur ses jeunes proies – des garçons autant que des filles – âgés de 4 à 15 ans.

Gestes dégradants

Parmi les gestes dégradants qu’il a avoués, Claude Bergeron agressait non seulement ses victimes lors d’actes sexuels au cours desquels il « éjaculait chaque fois », mais il allait souvent jusqu’à introduire des brins de paille dans l’urètre des garçons, ou encore jusqu’à leur brûler les poils du pubis pour le plaisir.

Entre autres attouchements, masturbations et fellations mutuelles, il s’assurait, dans la plupart des cas, de couvrir le visage de ses victimes pour ne pas voir leur regard.

« Je ne sais pas si ça l’aidait, mais ce qui était régulier entre chaque [agression], c’est qu’il leur couvrait le visage », explique la procureure de la Couronne, Me Mélanie Paré.

Cette dernière, qui a traité le dossier de l’agresseur Jean-Louis Savard, tristement connu au Saguenay–Lac-Saint-Jean pour avoir commis des sévices horribles sur des jeunes victimes dans les années 1960-1970 à Saint-David-de-Falardeau, voit des similarités entre les deux dossiers.

« Les gestes sont peut-être moins dégradants dans l’ensemble, mais il y a plus de gestes [commis] par M. Bergeron, et il y a deux victimes de plus. Il y a la durée des gestes aussi [qui entre en compte] », relate Me Paré, qui compte demander une lourde peine de pénitencier pour l’octogénaire.

Un rapport présentenciel incluant une analyse sexologique a été demandé et entériné par la Couronne et la défense.

Le juge Lortie a également laissé entendre que l’état de santé de Claude Bergeron pourrait aussi peser dans la balance au moment d’imposer la peine.

Comme il s’agit de crimes commis à une autre époque et que les peines minimales n’existaient pas à ce moment, une peine dans la collectivité demeure également une option, précise Me Paré.