Un homme battu à coups de balle de billard dans un bas de laine

Deux individus, qui ont roulé 500 kilomètres depuis Montréal pour venir régler une affaire de vol d’une chaîne en or, devront effectuer chacun 240 heures de travaux communautaires. Ils ont été reconnus coupables de voies de fait causant des lésions, soit d’avoir battu un homme avec une boule de billard placée dans un bas de laine.

Le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, n’a pas cru un instant la version des deux accusés, Éric Allard et Marc Labrecque, dans cette affaire survenue le 23 juin 2014. Le magistrat a même noté quelques invraisemblances dans ce dossier. 

Toute cette affaire fait suite à un supposé vol d’une chaîne en or survenu lors d’un événement sur une plage. Éric Allard a reçu un appel de son fils pour lui dire qu’un individu lui avait dérobé sa chaîne en or. 

Éric Allard n’a fait ni un ni deux et a quitté la région de Montréal en pleine nuit pour se rendre à Jonquière afin de régler cette situation. Au passage, il a amené son ami Marc Labrecque, a retrouvé son garçon et un ami de celui-ci.

Les quatre individus se sont présentés au domicile de l’homme qui avait pris la chaîne. En arrivant sur les lieux, les choses se sont rapidement envenimées. 

Celui qui avait été impliqué dans l’histoire du vol à la plage a été pris au cou par Allard. Il est parvenu à se déprendre de sa mauvaise posture et s’est rendu chercher un marteau pour se défendre.

Au même moment, le père du jeune homme est arrivé à sa résidence et a vu ce qui se passait. Une altercation verbale est survenue et cet individu a aussi été pris à la gorge par Allard.

Pendant ce temps, Labrecque a utilisé une boule de billard placée dans un bas de laine pour frapper la victime à quatre reprises au visage. L’homme a été blessé assez sérieusement. 

« Le tribunal ne croit pas un instant la version des accusés, mais je crois celle de la victime et de sa conjointe. Il est difficile de croire que les accusés ont agi en légitime défense lorsqu’ils se sont présentés à quatre chez la victime et qu’ils ont roulé 500 kilomètres, à partir de Montréal, pour venir régler ça », de dire le juge Guimond.

« M. Allard aurait pu appeler la victime pour trouver une solution et discuter calmement ou appeler les policiers pour récupérer la chaîne en or. Mais ce ne fut pas le cas », poursuit le magistrat.

Ce dernier a aussi remarqué quelques invraisemblances dans le témoignage du second accusé, Marc Labrecque.

« Il dit qu’il s’est retrouvé au sol et qu’il a perdu ses lunettes. Et tout à coup, il a trouvé une boule de billard dans un bas de laine. Il dit ne pas avoir vu M. Allard retenir la victime, alors que le fils de l’accusé est venu dire le contraire. Je ne crois pas ça. »

Le juge a accepté les suggestions communes de 240 heures de travaux communautaires soumises par Me Marianne Girard (Couronne), Me Marie-Ève St-Cyr (Labrecque) et Me Charles Cantin (Allard).