Le Français Benjamin-Gregory Marty entend retourner chez lui après avoir fait son temps derrière les barreaux.

Un Français plaide coupable d'agression sexuelle

Le Français Benjamin-Gregory Marty a reconnu, du bout des lèvres, avoir agressé sexuellement une étudiante européenne. Il l’a fait pour purger sa peine de 90 jours de prison afin de retourner dans son pays d’origine le plus vite possible.

Sans antécédent judiciaire jusqu’à l’âge de 35 ans, Marty a connu une séquence difficile de cinq mois. Entre le 28 avril et le 17 août 2018, il a touché les seins et les parties génitales d’une jeune femme, a été pris en possession de comprimés de métamphétamines et s’est trouvé derrière le volant de son véhicule alors que ses facultés étaient affaiblies par l’alcool.

Les malheurs de Marty ont débuté le 28 avril. Bénéficiant d’un permis de travail-étude, il œuvrait comme portier et chef de la sécurité au Cabaret des Artistes, sur la rue Racine, à Chicoutimi.

Ce soir-là, la victime s’y trouve en compagnie d’amies, a expliqué Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). La cliente consomme de l’alcool et a du plaisir. À un certain moment, la jeune femme ne se sent pas bien et se dirige vers la salle de bain, de crainte d’être malade.

Pour une question de sécurité, Marty la suit et entre dans la salle de bain. La victime s’agenouille comme si elle était pour vomir.

L’accusé s’est approché d’elle et a profité de l’opportunité pour mettre sa main à l’intérieur de son soutien-gorge pour toucher ses seins et a pris son autre main pour la glisser sous la petite culotte de la victime.

Celle-ci lui a dit d’arrêter et Marty s’est exécuté. La jeune femme est sortie de la salle de bain complètement bouleversée, alors que le portier a suivi.

Lorsque le juge Michel Boudreault a demandé au client de Me Olivier Théorêt s’il reconnaissait les faits, Benjamin-Gregory Marty a dit non. Il a précisé n’avoir rien fait, mais qu’il voulait plaider coupable aux accusations.

« Je ne peux pas accepter ce verdict si vous ne reconnaissez pas les faits. Au tribunal, nous avons des tests à faire afin de nous assurer que l’accusé comprend et qu’il reconnaît les faits qui lui sont reprochés, et ce, même si la question ne fait pas votre affaire. Je vais retirer les plaidoyers et ordonner la tenue d’un procès », a indiqué le juge de la Cour du Québec.

Revoir sa famille

L’avocat de l’accusé a demandé quelques instants au tribunal pour discuter à nouveau de la situation.

Quelques minutes plus tard, Marty est réapparu dans la salle d’audience et a mentionné reconnaître les faits.

Devant le juge, Marty a mentionné que toute cette histoire était un coup monté par son ex-conjointe en lien avec la victime.

« Les enquêteurs ont trouvé le coupable idéal », de lancer Marty.

Ces commentaires ont obligé Me Théorêt à remettre les choses en perspective et sur le fait que l’accusé a bien hâte que l’affaire se termine.

Par la suite, le Français a fini par avouer au tribunal qu’il voulait revoir ses proches, ce qu’il n’a pu faire depuis plusieurs mois en raison de ses démêlés avec la justice.

« Je souffre beaucoup à cause de cette histoire. On m’a proposé une sentence de neuf mois à la maison (en société) ou trois mois en prison. Je préfère le trois mois, car je vais sortir après 60 jours et je vais retourner chez moi en France. Dès ma sortie, je vais acheter mon billet d’avion et je vais quitter le pays », de dire l’accusé.

Le juge Boudreault a ensuite indiqué à Marty qu’il ne semblait pas avoir beaucoup d’empathie envers la victime.

« Je ne peux pas avoir de compassion pour quelque chose que je n’ai pas fait », a-t-il poursuivi, avant de préciser au tribunal qu’il reconnaissait finalement les faits et qu’il plaidait coupable aux accusations déposées à son endroit.

En plus des trois mois de détention pour l’agression sexuelle (et deux ans de probation), Marty écope de deux amendes de 1000 $ pour garde et contrôle d’un véhicule automobile en facultés affaiblies et pour avoir refusé de se soumettre à un test d’ivressomètre. Il lui sera interdit de conduire un véhicule au Canada durant 12 mois. Comme il doit quitter le pays, cette mesure ne l’affectera pas.