Me Denis Otis

Un fabricant de «peanuts» en prison

Gino Paquet écope de 52 mois de prison pour avoir fabriqué de la méthamphétamine et en avoir fait le trafic.
Vendredi, au Palais de justice de Roberval, l'individu de Dolbeau-Mistassini a plaidé coupable à plusieurs chefs d'accusation devant le juge Michel Boudreault, dont celui de production de méthamphétamine, trafic et possession dans le but d'en faire le trafic. Il a aussi reconnu avoir eu en sa possession une presse pour fabriquer des comprimés et quatre armes prohibées.
Gino Paquet fabriquait des « peanuts » avec des images embossées comme une tête de chien, le logo de Ferrari ou de Superman. Il est la première personne arrêtée dans la région avec un tel équipement. Selon l'enquête policière, il fournissait de nombreux vendeurs à Dolbeau-Mistassini et ailleurs dans la région. Pour preuve, ils ont saisi à son appartement près de 11 500 comprimés de méthamphétamines et 5 kilos de poudre prête à comprimer pour l'équivalent de 1000 « pilules ». De plus des produits chimiques comme du phosphore rouge et du permanganate de potassium ont été retrouvés.
Son avocat Me Denis Otis a discuté pendant de nombreuses semaines pour le convaincre d'en arriver à une suggestion commune avec la Couronne. « Il a toujours reconnu sa culpabilité, mais il y avait des points de droit à discuter concernant la perquisition, l'analyse de la preuve et aussi la peine à laquelle il s'exposait. Comme vous avez pu le constater, ce n'est pas un homme méchant et violent. Il est repentant », a-t-il déclaré.
En effet, Gino Paquet a éclaté en sanglot quand le juge Michel Boudreault l'a condamné, tout en lui signifiant qu'il avait confiance en lui à se réhabiliter. « J'ai l'impression que vous voulez vous en sortir. Cette peine est le meilleur moyen pour aller chercher de l'aide », lui a-t-il dit. Des membres de sa famille étaient présents pour entendre le verdict.
Sur les comprimés retrouvés lors d'une perquisition effectuée le 26 mars 2016, il y avait embossé soit une tête de chien, le logo de Ferrari ou celui de Superman. Des comprimés dans d'autres perquisitions à Dolbeau-Mistassini avaient les mêmes « images ». La valeur marchande était évaluée à 12 000 $. 
Laboratoire caché
Les policiers ont découvert le laboratoire dans une pièce non apparente aménagée dans la salle de lavage. « Comme il a aménagé cette antichambre dans un logement qui ne lui appartenait pas pour fabriquer de la drogue, il faisait face à une peine minimale de deux ans », a révélé la Procureure de la couronne Julie Lajoie.
Bien qu'il a fabriqué des comprimés, son avocat a tenu à préciser qu'il n'« était pas un chimiste et qu'il s'agissait d'une méthode artisanale. »
Des textos incriminants avaient aussi été déposés en preuve. Plusieurs éléments étaient donc accablants pour cet homme de 46 ans. Sa présumée complice Karine Tremblay est en attente de procès.
Dans les faits, Gino Paquet va passer 36 mois en prison, car 16 mois du temps qu'il a déjà purgés ont été soustraits.