Me Luc Tourangeau n’a pas été en mesure de convaincre le tribunal de l’innocence de son client.

Un ex-policier coupable d’harcèlement

Gilles Gauthier, un policier à la retraite, est reconnu coupable de harcèlement criminel et de bris de condition. Le tribunal a décrété une sentence suspendue et une probation de 18 mois. Il ne pourra communiquer ou épier les plaignants.

Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a rendu son jugement, vendredi, au Palais de justice de Chicoutimi. Il n’a pas cru les explications de l’accusé qui disait notamment s’être retrouvé à proximité des plaignants par un pur hasard.

Une ordonnance du tribunal fait en sorte que nous ne pouvons identifier la ou les victimes et les témoins dans cette affaire de harcèlement criminel.

« Je ne crois pas la négation de l’accusé. Celui-ci ne s’est jamais soucié de l’inquiétude qu’il pouvait susciter auprès des plaignants, qui ont accepté de lui parler parce qu’ils étaient sur la défensive et qu’ils ne voulaient pas ajouter d’huile sur le feu », a résumé le magistrat dans sa décision.

Les déboires de l’ancien policier du Service de police de Saguenay (SPS) ont commencé en février 2017 et se sont poursuivis jusqu’en octobre de la même année.

Gilles Gauthier reçoit une sentence suspendue de 18 mois et sera en probation pour la même période, avec un suivi de 12 mois.

L’homme de 60 ans s’est mis à épier et à suivre les plaignants au dossier. Il a notamment prétendu, lorsque mis en arrestation, qu’il se promenait sur la rue où demeuraient les victimes parce que des amis à lui résidaient dans le même secteur.

Le client de Me Luc Tourangeau, qui n’a pas témoigné à son procès, a aussi indiqué aux policiers que Chicoutimi, c’est petit, et qu’il était prévisible que les gens qui se connaissent se croisent sur la rue ou dans des commerces.

Le juge Lortie n’a pas acheté ces explications, surtout qu’il a été confirmé que Gauthier avait suivi les plaignants à partir d’un restaurant de Chicoutimi jusqu’à leur résidence. Les plaignants ont dénombré 15 événements où Gauthier les a épiés et suivis.

« Les témoignages des plaignants étaient cohérents et sincères. Ces gens étaient inquiets, ne sachant pas ce qui se passait dans la tête de l’accusé. Ces personnes ont pu craindre pour leur sécurité », a ajouté le magistrat.

Le juge reconnaît Gauthier coupable aussi d’un bris de condition remontant au 29 novembre 2017. Il n’a pas là non plus cru les explications voulant que l’accusé ne pouvait être devant le domicile des plaignants, car il se trouvait chez une connaissance au même moment.

« Il était possible qu’il puisse avoir été à deux endroits qui sont situés à quelques minutes d’intervalle vers 19h30 lors de cette soirée. Je vous reconnais coupable de ce manquement », a conclu le juge Lortie.

L’ancien policier se retrouve avec un casier judiciaire et il ne pourra posséder d’armes à feu pour une période de 10 ans.