Un élève du secondaire battu par un autre à Chicoutimi

Même si c’était loin de faire son bonheur, l’adolescent de 14 ans qui aurait battu un étudiant de l’École secondaire Charles-Gravel de Chicoutimi, lundi, devra patienter jusqu’à vendredi avant de savoir s’il peut recouvrer sa liberté.

L’adolescent aurait agressé physiquement sa victime lors de l’arrivée à l’école. Des intervenants de l’établissement scolaire sont intervenus rapidement. Les policiers ont ensuite été appelés sur les lieux. « Nous avons été appelés pour une altercation entre deux jeunes. La victime a été transportée au centre hospitalier par ambulance », confirme Bruno Cormier, porte-parole du Service de police de Saguenay (SPS).

L’individu, qui en serait à son premier passage devant le Tribunal de la jeunesse, s’est présenté devant la juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec, en affichant une certaine mauvaise humeur.

« Je vais devoir rester ici jusqu’à vendredi ! Ça fait chier en ostie », a-t-il lancé en mettant les pieds dans la salle d’audience.

Le jeune homme de Chicoutimi, dont nous ne pouvons dévoiler l’identité étant donné qu’il est mineur, est accusé de voies de fait ayant causé des lésions, de menaces envers la présumée victime et de menaces envers deux autres personnes qui n’ont aucun lien avec cette histoire de violence.

Il demeurera au Centre jeunesse La Chesnaie de Roberval jusqu’à son enquête de remise en liberté.

« Il y a objection à la remise en liberté. L’enquête caution pourrait se tenir vendredi », a d’ailleurs confirmé Me Frédérique D. Lindsay, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Pour sa part, Me Gitane Smith, de l’Aide juridique, a enregistré des plaidoyers de non-culpabilité au nom de son client, qui était accompagné de son grand-père lors de la comparution devant la magistrate.

« Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus étant donné que je viens de recevoir la preuve. Je vais tenter d’obtenir la remise en liberté de mon client vendredi. Il pourrait devoir se soumettre à certains engagements. Du moins, c’est ce que je vais viser », a noté Me Smith.

Advenant le cas où l’adolescent plaide coupable ou soit reconnu coupable des accusations déposées contre lui, il pourrait être condamné à une probation avec un suivi probatoire, à suivre un cours sur la façon de « vivre sa violence » et peut-être à réaliser des travaux communautaires.

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LA MÈRE PRÊTE À ALLER JUSQU'AU BOUT

(Anne-Marie Gravel) — « Je veux que mon fils retourne à l’école la tête haute. Qu’il n’ait plus peur. Que quelque chose de sérieux soit mis en place pour que ça ne se reproduise pas. Je suis prête à aller jusqu’au bout, pour lui et pour les autres. »

La mère de la victime veut faire bouger les choses. Elle est prête à aller au front pour que l’intimidation cesse. Son fils de 14 ans en est victime depuis son entrée au secondaire. Lundi matin, il a été agressé par un de ses intimidateurs à l’École secondaire Charles-Gravel de Chicoutimi-Nord. 

« L’intimidateur a dit à mon garçon qu’il voulait lui parler. Il savait ce que ça voulait dire alors il a refusé. Le jeune lui a foncé dessus les poings fermés. Mon garçon est tombé au sol. L’intimidateur lui est monté dessus en lui mettant une main au cou et en menaçant de le tuer. Mon fils a eu peur. Ils ont été séparés par des professeurs », raconte la mère de la victime. 

Son garçon n’a pas pu se relever après l’agression. Il a dû être transporté par ambulance à l’hôpital de Chicoutimi. 

La mère affirme qu’il souffre d’une entorse cervicale et qu’il a une énorme bosse derrière la tête. « Pour les prochaines heures, on doit surveiller les symptômes de commotion cérébrale. »

Les policiers sont venus à la rencontre de la victime lorsqu’elle se trouvait à l’hôpital. « J’ai officiellement porté plainte, raconte-t-elle. Ils ont pris la déposition de mon garçon. L’agresseur a été rencontré, puis arrêté. »

Lundi soir, quelques heures après les événements, elle et son fils ont convenu de publier une photo de lui à l’hôpital accompagné d’un message de sensibilisation. La photo est devenue virale. Elle a été partagée près de 7000 fois en plus de récolter plus de 2000 commentaires en quelques heures. 

La mère affirme que l’ampleur prise par la publication a suscité certaines craintes, mais celles-ci se sont envolées rapidement. 

« Avec ce “post”, on voulait aviser les gens que ça se passe encore. On est surpris par la réponse. On sent tout le monde qui nous appuie. Je pense que ç’a redonné de la force à mon garçon. On a reçu tellement de messages de soutien. On a énormément de témoignages de gens qui ont vécu la même chose. Je trouve ça incroyable le nombre de personnes qui ont été intimidées et pour qui ça ne s’est jamais réglé. Je ne veux pas que ça arrive à mon fils. C’est pour ça qu’on dénonce et qu’on va aller jusqu’au bout. Il faut faire quelque chose, il faut se battre, dénoncer pour tous ceux qui ne peuvent pas le faire. »

La mère espère que l’école mettra en place des mesures qui assureront que ce type d’événement ne se produise plus, pour son fils et pour les autres jeunes victimes d’intimidation. 

« Mon fils est très fâché. Il n’a pas le goût de retourner à l’école. Il a peur que ça arrive encore. De mon côté, je ressens de la désolation et de la tristesse. Je n’ai pas envie qu’il se sente rejeté, triste, je veux son bonheur. Je sais que l’école va agir. On travaille ensemble, on fait confiance à la direction, mais mon garçon ne retournera pas à l’école tant que des choses ne seront pas mises en place. Il faut que ça arrête. On a aussi une belle collaboration avec les policiers. C’est triste, mais on a enfin l’impression d’avancer. »