Ismaël Dupont est détenu depuis le 18 octobre dernier. Il dit ne pas recevoir sa médication en prison.
Ismaël Dupont est détenu depuis le 18 octobre dernier. Il dit ne pas recevoir sa médication en prison.

Un détenu dénonce ses conditions de détention

Un détenu de la prison de Roberval a fait un long plaidoyer au juge Michel Boudreault, vendredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Il voulait dénoncer ses conditions de détention, estimant qu’il est privé de sa médication et qu’il est victime de brutalité. Le juge Boudreault l’a invité à porter plainte s’il croyait subir un mauvais traitement, après l’avoir écouté durant de longues minutes.

Ismaël Dupont est détenu à la prison de Roberval depuis le 18 octobre, après avoir été arrêté pour une série de délits commis avec un complice, Kevin Fortin-Cormier. Les deux hommes sont accusés d’être entrés par effraction dans des chalets de Ferland-et-Boilleau et d’y avoir dérobé des armes. Ils auraient ensuite pris la fuite au volant d’une camionnette volée, dans l’espoir d’atteindre l’Ouest canadien. Mais ils ont rebroussé chemin durant leur trajet, constatant qu’ils n’avaient pas les moyens financiers de leurs ambitions.

Durant leur retour, dans la Réserve faunique des Laurentides, la camionnette a pris feu et les présumés voleurs l’ont abandonnée, ce qui avait créé une certaine commotion chez le corps policier, puisqu’on se demandait s’il y avait des blessés à l’intérieur.

Les deux individus ont été arrêtés quelques jours plus tard, alors qu’ils s’étaient réfugiés dans un chalet de la Sépaq dans la Réserve faunique des Laurentides.

Ismaël Dupont et Kevin Cormier-Fortin étaient de retour devant les tribunaux, vendredi, afin de fixer une date où ils pourront subir leur enquête sur remise en liberté. L’avocat des deux présumés complices, Me Olivier Théorêt, a informé le juge que ses deux clients avaient été acceptés pour suivre une thérapie de six mois et que l’enquête se tiendrait le 9 janvier prochain.

Me Théorêt a ensuite prévenu le magistrat que M. Dupont avait des choses à lui dire, concernant ses conditions de détention.

Ismaël Dupont, un homme de 40 ans à l’imposant gabarit, est arrivé dans le box des accusés enchaîné. Il a supplié le juge Boudreault d’intervenir, puisqu’il se dit privé de sa médication destinée à ses problèmes de santé mentale, son diabète et sa maladie de Crohn. Il affirme également être confiné dans une salle capitonnée de la prison depuis le 11 décembre, puisqu’on lui aurait dit qu’il avait des idées suicidaires. Il prétend également qu’on lui a fracturé la main et qu’on le prive de douche depuis sept jours.

« Il faut que vous fassiez quelque chose, votre honneur. Je suis détenu depuis deux mois et je ne reçois toujours pas ma médication correctement. J’ai droit à un verre d’eau aux 18 heures, je me fais frapper et matraquer. Je dépéris à vue d’oeil et j’ai l’impression que je deviens une bête. Je demande la même médication que j’avais lorsque j’étais détenu en Ontario, mais on me répond un paquet d’inepties. Je voudrais pouvoir aller à l’hôpital, monsieur le juge », s’est exprimé le détenu.

Le juge Michel Boudreault a patiemment écouté les doléances de Dupont, mais il lui a dit qu’il ne pouvait pas intervenir directement. « Je vais envoyer une recommandation, afin que les autorités carcérales portent une attention particulière, s’il y a lieu, à votre situation médicale, notamment au niveau d’un diagnostic et aussi pour la prise de médication. C’est tout ce que je peux faire, monsieur. Et si vous estimez que vous subissez un mauvais traitement, je vous invite à porter plainte », a affirmé le juge Boudreault.