Carl Lussier

Un couple libéré des accusations de tentative de meurtre

Même s'ils ont été accusés de tentative de meurtre, Carl Lussier et Julie Morissette ont appris que les accusations avaient été retirées par le ministre public.
Me Mélanie Paré, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a déposé un « nolle prosequi », soit un arrêt des procédures, mardi après-midi. Le juge Raymond W. Pronovost, de la Cour supérieure du Québec, entérinera la requête judiciaire sous peu.
Le couple devait subir son procès devant juge et jury à compter du 6 novembre pour tentative de meurtre, de séquestration et d'utilisation négligente d'une arme à feu. La procédure sera annulée.
Lussier et sa conjointe Julie Morissette avaient été arrêtés le 23 juin 2016 après que leur présumée victime, Martin Duchesne, eut déposé une plainte à la Sécurité publique de Saguenay (SPS).
Il prétendait avoir été battu pratiquement à mort par Lussier, alors que Morissette, avec qui il avait déjà partagé sa vie, avait manigancé toute cette affaire. Duchesne a encaissé deux coups de couteau aux poumons et a reçu deux décharges de pistolet électrique (Taser gun). Les médecins ont dû lui refaire le visage en lui posant une plaque d'acier. Il a été laissé pour mort et baignant dans son sang.
Au terme de la comparution, Julie Morissette avait été en mesure de recouvrer sa liberté, alors que Lussier avait dû demeurer derrière les barreaux durant cinq mois.
Si l'histoire semblait en partie crédible, celle-ci en a pris pour son rhume lorsque Me Charles Cantin a tenu l'enquête préliminaire de son client en novembre 2016.
Martin Duchesne, la victime, a témoigné bizarrement. Le juge Richard P. Daoust, qui a présidé l'enquête préliminaire et l'enquête de remise en liberté, avait noté de nombreuses contradictions dans son témoignage, remarquant quelques mensonges de sa part.
La victime avait dit à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) que Lussier ne l'avait jamais battu et avait rapporté les mêmes paroles à un codétenu de la prison de Roberval. De plus, d'autres témoins étaient demeurés très vagues sur l'identité de Lussier.
« Sans vouloir évaluer la preuve, car je ne suis pas le juge du procès, je crois que les probabilités d'une condamnation ne sont pas au maximum. C'est plutôt en bas de la moyenne », avait alors dit le magistrat.
Me Mélanie Paré n'a pas voulu commenter le dossier, alors que Me Cantin s'est montré satisfait de la tournure des événements. 
« Il s'agit d'une très bonne nouvelle, mais je ne tombe pas en bas de ma chaise en apprenant l'arrêt des procédures. Le ministère public peut prendre ce genre de décision. Il est assez rare que ça arrive. C'est ce que l'on voulait et c'était l'objectif visé par les procédures », de dire Me Cantin.
« On a réussi à discréditer le témoignage de la victime lors de l'enquête préliminaire. Le juge a noté qu'il avait raconté des mensonges. Nous sommes satisfaits, mais nous étions prêts à faire face à la musique et à tenir le procès devant jury », a indiqué le criminaliste.