Le policier militaire Joël Renaud, entouré de ses avocats, Me Charles Cantin et Me Sylvain Morissette, espère convaincre le tribunal militaire que les accusations déposées contre lui ne sont pas fondées.

Un «complot» contre le policier militaire

Me Charles Cantin prétend que le policier militaire Joël Renaud a été la victime d’un complot de la part de la principale plaignante et d’officiers supérieurs et qu’il a dû subir une enquête et un procès sans véritable preuve. Selon l’avocat, il a été envoyé au pilori, car on voulait se débarrasser de lui.

Me Cantin demande l’acquittement total pour son client qui est accusé d’entrave à la justice, d’avoir commis un abus de confiance de la part d’un fonctionnaire dans le cadre de ses fonctions et de trois chefs de comportements offensants et inopportuns qui ont pu créer un préjudice.

Quatre plaignantes ont été identifiées lors du déploiement de militaires de la base de Bagotville des Forces armées canadiennes en août, septembre et octobre 2017, en Roumanie.

Selon les accusations, le capitaine Renaud aurait échangé quelques textos à caractère sexuel avec une plaignante. Ces échanges ont pourtant été faits sur une base consensuelle durant un certain temps. On lui reproche d’avoir envoyé une photo d’un pénis, que personne n’aurait vue.

Il aurait aussi tenu des propos offensants envers des femmes et aurait simulé un geste de fellation envers une militaire, qui n’aurait été vu par aucune des personnes réunies autour d’une table.

« Il y a eu un complot dans cette affaire. La principale plaignante et trois officiers supérieurs ont fait en sorte de vouloir la tête du capitaine Renaud. Je n’arrive pas encore à comprendre que cette affaire ait pu se rendre jusqu’à la Cour martiale. C’est tout un déploiement. On a voulu tuer une mouche avec un F-14 », a lancé Me Cantin lors de sa plaidoirie devant le juge militaire Martin Pelletier.

« Rien ne se tient dans la preuve qui a été présentée. Il n’y a aucune corroboration. Oui, il y a des éléments qui se sont déroulés juste entre deux personnes, mais encore faut-il que ce soit vrai. Juste pour l’histoire de la photo du pénis, on a eu droit à cinq versions. Il n’y en a jamais eu, pas pantoute, oui une photo a été envoyée, je ne sais pas si c’est le capitaine Renaud qui l’a envoyée et non je ne l’ai pas effacée », a énuméré le criminaliste afin de démontrer l’invraisemblance de la preuve de la principale plaignante.

Me Cantin estime d’ailleurs que les supposés échanges de textos (il y en aurait eu environ sept) relevaient de la vie privée et non d’échanges entre deux officiers. Il ajoute que « la demande de supprimer les textos n’a pas été faite dans le cadre des fonctions de policier militaire et de Grand Prévôt du capitaine Renaud, mais à titre privé ».

« Pour les autres plaignantes, je trouve particulier que des femmes militaires aient trouvé offensants et inopportuns des commentaires qui auraient été faits par le capitaine Renaud sur des femmes qui passaient sur le trottoir, alors que quelques jours plus tard, elles se sont baignées nues dans la mer Noire, avec d’autres militaires, et qu’elles se sont embrassées. Ça me semble particulier de se dire offensée par de tels propos, niés par mon client, alors que l’on a fait 10 ou 20 fois pire », poursuit l’avocat de l’accusé.

Me Cantin a reconnu qu’il fallait du courage pour qu’une présumée victime dépose une plainte et se rende jusqu’à un procès.

« Mais il faut être impudent et effronté de monter pareil scénario rempli d’une pléthore de mensonges. Tout ça est une triste histoire », a précisé Me Cantin.

Le juge Pelletier rendra son verdict le 7 octobre. Il a indiqué devoir déterminer si ce qui lui a été rapporté est vrai. Et si c’est le cas, établir s’il a pu y avoir un comportement offensant et inopportun causant un préjudice de la part du policier militaire.