Christopher Ouellet devrait être libéré dans moins de sept mois.

Un an pour un coup de feu accidentel

Christopher Ouellet, ce Jonquiérois qui a tiré accidentellement un coup de feu sur un « intrus », écope de la peine minimale d’un an de prison.

Accusé au départ de tentative de meurtre, le jeune homme de 20 ans avait finalement plaidé coupable à des accusations de négligence criminelle causant des lésions. 

Le ministère public exigeait une peine de pénitencier de trois à quatre ans pour ce geste qui a causé d’importantes blessures à la victime. La défense, représentée par Me Julien Boulianne, a plaidé la peine minimale, en raison notamment du caractère accidentel de l’événement et de l’insistance des « invités indésirables ».

« Vous êtes tellement loin de l’autre, j’en suis un peu surprise », a d’emblée exprimé la juge Sonia Rouleau, après avoir entendu les représentations des deux procureurs. 

Cette dernière a toutefois penché en faveur des arguments de la défense, martelant à plusieurs reprises que les « intrus » ont refusé de quitter les lieux malgré la demande de Ouellet.

« Les voies de fait grave méritent souvent des sentences sévères. Mais l’intention au départ était de repousser l’intrusion de trois personnes insistantes. Malgré les multiples demandes, les gens sont restés sur place. Même devant l’arme, ils n’ont pas fui », a rappelé la juge, estimant que la peine minimale était proportionnelle au crime commis.

Trois individus se sont en effet pointés au domicile de Ouellet en février dernier. Ils voulaient obtenir des informations sur une tierce personne. Ouellet les a invités à quitter les lieux, mais sans succès. Un des individus a lancé des regards intimidants, ce qui a « fait perdre les pédales » à Ouellet. Ce dernier est allé chercher une arme qu’un ami venait de lui offrir. Il a donné des coups sur la poitrine d’un des « intrus » avec le canon, le poussant à l’extérieur. L’individu a touché l’arme pour tenter de l’enlever et c’est à ce moment que le coup de feu a été donné. 

La victime a été laissée à l’hôpital par ses deux amis qui sont ensuite retournés à la résidence de Ouellet. Les policiers étaient toutefois déjà arrivés sur les lieux.

Pris de panique, Ouellet s’est enfui et a jeté l’arme dans une rivière. Il s’est cependant rendu aux policiers, quelques heures après les événements. Il a indiqué aux policiers l’endroit où il a lancé la carabine, mais elle n’a jamais été retrouvée. Ouellet a d’ailleurs aussi plaidé coupable d’avoir entravé le travail des policiers en détruisant un élément de preuve.

La victime a été hospitalisée pendant quelques semaines, mais elle ne devrait pas souffrir de séquelles permanentes. 

Me Julien Boulianne était sans surprise satisfait de la décision de la juge qui a opté pour la peine minimale. 

« Dans ce cas-ci, comme il y avait une peine minimale associée à l’accusation, je ne pouvais pas plaider moins que ça. Mais n’eût été l’arme, on aurait clairement plaidé la légitime défense. Si des personnes arrivent chez vous et refusent de quitter, le Code criminel prévoit que vous pouvez utiliser la force raisonnable pour les faire quitter. C’est en allant chercher l’arme qu’on est cependant sortis du caractère raisonnable. Les lésions ont été causées accidentellement, d’où le chef de négligence. C’est sûr que si on va chercher une arme et qu’on la pointe, il y a un risque, d’où la négligence criminelle », a précisé Me Julien Boulianne.

Détenu depuis son arrestation, Ouellet devrait être libéré dans moins de sept mois.