Mario Gauthier estime avoir été accusé à tort d’agression sexuelle et réclame 620 000 $ en dommages et intérêts après avoir été acquitté.

Un acquitté réclame 620 000 $

Acquitté d’une accusation de contact et d’agression sexuelle et estimant avoir subi un procès à tort, Mario Gauthier réclame 620 000 $ au Procureur général du Québec, au ministère de la Sécurité publique et à la plaignante dans son dossier.

L’affaire Gauthier se déroule cette semaine devant la juge Lise Bergeron, de la Cour supérieure du Québec (chambre civile). Mario Gauthier, sa conjointe, Liette Côté, leur fille Caroline et leur fils Samuel réclament ces sommes d’argent en dommages, intérêts et perte de jouissance pour tout ce qu’ils ont subi au cours des dernières années.

M. Gauthier demande aussi à ce que sa compagnie, Les Excavations MG, soit dédommagée pour les pertes encourues.

Toute cette histoire remonte à juin 2012. La jeune fille, dont le père travaillait pour Mario Gauthier, demande si elle peut l’accompagner au chalet pour faire du ponton.

Gauthier n’est pas chaud à l’idée d’y aller seul avec l’adolescente, car il n’aimerait pas se retrouver en mauvaise position.

Les parents de la jeune fille le rassurent en disant que le père ira les rejoindre en après-midi, et la mère mentionne que jamais ils ne lui feraient ça, a témoigné Mario Gauthier.

Deux mois après les prétendus événements, l’adolescente a porté plainte à la police. L’entrepreneur a été arrêté, fouillé à nu – il a pleuré en racontant ce traumatisant moment – et accusé. Des dommages ont été causés à son domicile et à ses véhicules. On l’a traité de pédophile.

« Sur le ponton, elle (la victime) a consommé beaucoup d’alcool. Elle grelottait, et j’aurais bien voulu la réchauffer, mais je n’aurais pu la toucher étant donné que j’avais les mains pleines d’huile (il a dû réparer son ponton). Ça aurait laissé des traces. De retour au chalet, je me suis fait un Bloody Mary (cocktail), et elle en a voulu un. Je n’ai pas mis beaucoup d’alcool dedans, car je trouvais qu’elle en avait assez pris. À un moment donné, elle ne filait pas. Je lui ai dit d’aller se coucher à l’étage », se souvient le demandeur.

« Un peu plus tard, elle est sortie (du chalet) en me disant d’aller la conduire vers son père qui venait la chercher. Elle s’est lancée sur le siège du véhicule et ils sont partis. Ce n’est que deux mois plus tard que j’ai appris que j’étais accusé », a poursuivi M. Gauthier.

Le 8 août, il a vu les policiers débarqués sur un chantier où il travaillait. Les enquêteurs lui ont dit qu’ils voulaient lui parler au poste de police de la Sûreté du Québec et l’ont informé du dépôt de la plainte d’agression sexuelle.

Mario Gauthier dit avoir vécu l’enfer à partir de ce moment, surtout qu’il a toujours prétendu n’avoir rien fait et que toute cette histoire était une pure invention.

« J’ai des problèmes de dysfonction érectile et je prends du Viagra. Mais ça ne marche pas souvent. Et lorsque j’ai une érection, ça ne dure pas longtemps », a expliqué le demandeur.

Mario Gauthier dit avoir été très affecté par cette histoire, n’a pas aimé se retrouver dans les médias et être pointé du doigt par les amis ou les gens qui passaient devant chez lui.

« J’ai eu espérance que les procédures soient arrêtées, car il était de plus en plus démontré que la jeune fille avait menti, qu’il y avait eu plusieurs contradictions entre ses divers témoignages. Mais ce n’est pas arrivé. »

« Lorsque j’ai été acquitté, j’étais heureux et soulagé. Mais toute cette histoire a fait atteinte à ma réputation et a causé des pertes à mon entreprise. Ma vie n’est plus la même et n’est toujours pas normale aujourd’hui », a indiqué M. Gauthier, qui est représenté par Me Marie-Claude Gagnon.

La conjointe témoigne

En après-midi, la conjointe de Mario Gauthier, Liette Côté, a témoigné de tous les inconvénients qui ont suivi le dépôt des accusations et des pertes monétaires pour la compagnie familiale.

Lorsqu’elle a été mise au courant des événements, elle n’a pas cru un instant que son conjoint avait pu faire ça.

« C’est bien simple, ça (son pénis) ne lève plus. Ça prend de la pratique. Lorsque j’ai su qu’on l’accusait de l’avoir pénétrée deux fois, de l’avoir sodomisée et de lui avoir mangé la noune (vagin), je n’y ai pas cru. Ça ne se pouvait pas », a lancé la dame.

Mme Côté ne cache pas qu’elle ne sort plus de la maison depuis quelques années, que le couple a perdu beaucoup d’amis et qu’ils sont craintifs à l’idée de rencontrer de nouvelles personnes.

« On s’interroge tout le temps. On se demande si les gens sont au courant, ce qu’ils en pensent. Il n’est pas facile de vivre ça dans les médias. Ça nous fait de la peine et c’est décourageant », a précisé Mme Côté.

Contrats perdus

Au-delà des conséquences sur le mental et le moral, Mario Gauthier estime avoir perdu plusieurs contrats à la suite des accusations et que les pertes monétaires sont assez importantes, d’où l’ajout d’un montant de 195 000 $ à la poursuite initiale de 425 000 $ (total de 620 000 $).

« On a eu un chiffre d’affaires de 269 000 $ en 2010, de 237 316 $ en 2011 et de 241 592 $ en 2012, pour une moyenne annuelle de 249 401 $ », a indiqué la dame.

« En 2013, après les accusations, ç’a baissé à 185 668 $ (-65 000 $), c’était de 209 410 $ en 2014 (-40 000 $) et de 198 948 $ en 2015 (-51 000 $). Et ça ne semble pas vouloir se replacer », a commenté Liette Côté, qui s’occupe des contrats.