Chantal Dallaire est accusé de menaces de mort envers des policiers.
Chantal Dallaire est accusé de menaces de mort envers des policiers.

Un accusé récalcitrant mis sur «mute»

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Chantal Dallaire, ce Baieriverain accusé de menaces de mort envers les policiers qui avait été largué par ses avocats après les avoir insultés en pleine cour, a continué à faire des siennes devant le juge de la Cour du Québec Michel Boudreault, lundi, au Palais de justice de Chicoutimi. Comparaissant en direct du centre de détention de Roberval, l’individu a dû être mis sur «mute», car il sacrait et s’emportait contre les procureurs et le policier venu témoigner. Il s’est même permis un doigt d’honneur lorsque le policier racontait les menaces qu’aurait proférées Dallaire à son endroit.

«Toi pis ta truie, je vais te tirer une balle avec mon gun», aurait dit Chantal Dallaire aux deux policiers venus intervenir auprès de lui alors qu’il buvait de l’alcool sur la voie publique, à La Baie, plus tôt cet été.

Selon le policier appelé à témoigner, Dallaire aurait été rappelé à l’ordre, mais en raison des menaces proférées et du caractère bouillant de l’individu, il a été arrêté et amené au poste.

Assis dans la voiture de police, l’homme a craché à de nombreuses reprises, tout en continuant à vociférer contre les policiers.

Voyant une table nouvellement installée sur le bord de la route, Chantal Dallaire aurait partagé une curieuse réflexion.

«Ah oui, il y a une nouvelle table? Ça va bien faire pour vous tirer une balle dans le cul», aurait dit l’homme, toujours en s’adressant aux policiers.

Durant le témoignage du policier, le son du microphone de la prison, qui permet aux accusés de se faire entendre en cour, a dû être fermé à plusieurs reprises, puisque Dallaire criait et blasphémait. En temps normal, l’accusé qui ne cessait de crier aurait été expulsé de la salle de cour, mais étant donné qu’il était en visioconférence, l’expulsion n’était pas possible.

Le problème, c’est que Chantal Dallaire se retrouve sans avocat pour défendre ses intérêts, après avoir été largué par ses anciens procureurs, qu’il avait traités de têtes d’oeuf et de tête de noeud en pleine cour.

«Je veux un avocat tabarnack! Pas une osti de pourriture qui marche avec la Couronne», a hurlé l’individu, dont le microphone a été débranché une énième fois.

Le juge Boudreault a tenté d’expliquer à l’accusé qu’il pouvait demander les services d’un nouvel avocat, mais il voulait toujours les services de son ancien procureur avant de changer d’idée.

L’accusé a alors dit vouloir être défendu par Me Luc Tourangeau.

« Je l’essayerais, Luc. Il doit être meilleur», a dit l’accusé, insultant encore ses anciens avocats et blasphémant de plus belle, provoquant l’exaspération du juge Michel Boudreault. Le magistrat a dû suspendre la cour, puisque l’accusé refusait de se taire et d’écouter les consignes.

Lorsqu’il est revenu devant le juge, une heure plus tard, l’accusé a formulé le souhait de «reprendre» les services de son ancien avocat, Me Charles Cantin. Il s’est toutefois emporté de nouveau lorsqu’il a compris que son dossier serait remis au lendemain, puisque son avocat n’était pas présent physiquement au palais de justice. Le juge Boudreault a réussi à calmer l’individu en lui expliquant la situation.

«Bon. Je peux retourner dans mes appartements, maintenant?», a dit Dallaire, avant de reprendre le chemin des cellules.