Palais de Justice de Chicoutimi.

Un accusé en attente de ressources

Le Saguenéen Nicolas Delaunière, qui possède une intelligence limite et qui souffre d'une déficience physique, passera encore 10 mois derrière les barreaux afin d'amener les intervenants carcéraux et sociaux à trouver la ressource nécessaire pour lui assurer un bon encadrement.
L'individu de 20 ans a réglé ses dossiers criminels, lundi matin, devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec. Il reçoit une sentence de 18 mois de détention pour des voies de fait armées contre un agent correctionnel (avec un pic artisanal), des menaces de mort et plusieurs bris de probation. Comme il a déjà purgé huit mois, il lui en reste 10 à faire.
Devant le magistrat, Me Jean-Sébastien Lebel (Couronne) et Me Marie-Ève St-Cyr (défense) lui ont fait valoir que l'accusé devait passer au moins six mois encore en prison afin de participer à une évaluation de son état et en arriver à lui trouver une ressource.
Depuis son passage à l'âge adulte, Nicolas Delaunière a accumulé les passages au tribunal et en prison. La problématique de cet homme à l'intelligence limite, selon son avocate, est qu'il lui arrive d'avoir un manque au niveau du jugement. 
S'il est contrarié, au lieu de se retirer et de faire la part des choses, il lui arrive de s'emporter et de s'en prendre à des gens.
Il fait montre d'une grande impulsivité et use de violence. 
À la prison de Roberval, il a tenu des propos menaçants à l'endroit de gardiens et s'est même attaqué à l'un d'eux. Il a frotté sa brosse à dents contre un mur de ciment pour en faire un pic artisanal.
« Il a foncé vers un gardien afin de le piquer. Il l'a ensuite menacé de mort et lui a dit qu'il était pour violer ses enfants et qu'il était pour le retrouver », a mentionné Me Lebel.
« L'individu a besoin d'aide. Il lui faut une ressource, mais il doit être évalué en premier lieu. La défense et moi sommes d'accord pour dire qu'il doit être condamné à une peine minimale de six mois de prison afin qu'il puisse avoir droit à cette évaluation et recevoir ensuite une aide particulière », a indiqué le procureur de la Couronne.
Car les parties ont convenu que Delaunière ne peut se retrouver en pleine rue sans aucun encadrement.
Le problème, c'est de lui trouver la ressource adaptée à ses besoins particuliers. Le groupe RESSAC l'a déjà eu sous son aile, mais n'est plus en mesure de le reprendre.
« En passant du temps en prison, il sera évalué. On tentera de déterminer l'encadrement dont il aura besoin lorsque sa peine sera terminée. Les organismes qui s'occupent de lui présentement, comme le Curateur public et le CIUSSS, veulent trouver la ressource dont il a besoin. Il n'en existe pas dans la région présentement. Avec un plan d'adaptation conçu pour lui, ça pourrait permettre de l'aider », exprime Me St-Cyr.