Le juge Michel Boudreault

Trop tôt pour plaider la légalisation du pot

La légalisation du cannabis est prévue pour le 1er juillet 2018, pas avant. Steeve Girard, de La Baie, a tenté de convaincre le tribunal qu’il pourrait éventuellement obtenir une amnistie et qu’il devait avoir un sursis de sentence, mais en vain. Le juge n’a pas apprécié le ton utilisé par l’accusé.

L’individu d’une trentaine d’années se trouvait avec un ami dans son véhicule sur la rue Victoria, à La Baie. Ce dernier fumait un joint quand il a aperçu un véhicule de patrouille de la Sécurité publique de Saguenay arriver et il a immédiatement jeté le bout de cigarette à l’extérieur.

Les patrouilleurs ont alors fouillé le véhicule et ils ont trouvé l’équivalent de 4,94 grammes de marijuana dans la voiture.

« Les policiers ont vu de la fumée sortir d’une voiture qui était arrêtée sur le bord de la rue. Ils se sont approchés et ont vu ce qui se passait. Ils ont regardé à l’intérieur du véhicule et ont aperçu du cannabis. Au moment de l’arrestation, M. Girard a été arrogant envers les agents », explique Me Marianne Girard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

« De plus, l’accusé a un antécédent en semblable matière et il avait reçu une amende de 100 $ à l’époque », a renchéri la procureure de la Couronne.

Lorsque son tour est venu de s’expliquer, l’accusé y est allé de sa propre analyse. Il a fait valoir que le gouvernement canadien légalisera la possession simple de cannabis à compter du 1er juillet 2018.

« Je ne comprends pas ce que j’ai fait de mal. Je comprends que la drogue était dans ma voiture et que j’ai une part de responsabilité. Mais c’est effrayant de dilapider les fonds publics pour ça. Ils ont trouvé des traces de graine de cannabis. Certaines devaient être là depuis des années », a répliqué Girard.

« Je trouve ça absurde de me retrouver ici, alors que dans quelques mois, ce sera légal. Si je me fais prendre l’an prochain, je ne vais recevoir qu’une claque sur les doigts », a poursuivi l’accusé.

Ce dernier a demandé au magistrat de lui donner un sursis de sentence.

« Surtout que le premier ministre Justin Trudeau a parlé de donner l’amnistie à tous ceux qui ont été reconnus coupables de possession simple de cannabis », a ajouté Steeve Girard.

Pas d’accord
Malgré sa plaidoirie claire et assez simple, Girard n’est pas parvenu à convaincre le juge Boudreault, de la Cour du Québec.

« D’entrée de jeu, je vais refuser votre demande de sursis sans aucune hésitation. Je vais vous condamner à 300 $ d’amendes en raison de votre antécédent en même matière, de votre ton et du fait de votre incompréhension de cette problématique, surtout les dommages que cela occasionne aux jeunes », de préciser le juge.

« En plus, je suis pas mal convaincu que nous allons vous revoir ici. J’ajouterai qu’il est possible que vous obteniez l’amnistie un jour, mais ce n’est pas à moi de le faire », a résumé le magistrat.

Girard a demandé un délai de 12 mois pour payer l’amende de 300 $, la suramende et les frais judiciaires.

« Je vais vous donner quatre mois pour le faire », a mentionné le juge Michel Boudreault.