Yannick Dallaire ne pourra pas conduire pour les sept prochaines années.

Trois ans de plus sans conduire

Le Jonquiérois Yannick Dallaire devra se trouver quelqu’un pour le voyager pour les sept prochaines années, lui qui vient de se faire imposer une interdiction de conduire supplémentaire de trois ans, qui s’ajoute à celle qu’il avait déjà de quatre années et imposée en octobre... 2017.

Lundi, Dallaire reçoit des amis à la maison de la rue Saint-Clément, à Jonquière. 

À un moment donné, il prend la décision de déplacer un véhicule de l’entrée afin de faire de la place à la visite.

Il prend le volant et s’exécute. Il fait marche arrière et se retrouve en bordure de la rue. 

Malheur, au même moment, les policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) arrivent sur les lieux pour répondre à un appel d’une citoyenne à la suite d’une plainte de bruit.

Les agents effectuent des vérifications auprès du conducteur et s’aperçoivent que Yannick Dallaire n’a pas le droit de conduire. 

Il est arrêté et amené au quartier général de la SPS. 

Il y a passé la nuit avant d’être amené au Palais de justice de Chicoutimi.

Yannick Dallaire devait subir son enquête de remise en liberté mercredi, mais il a plutôt choisi de régler cet autre dossier criminel.

L’individu a plaidé coupable à une conduite pendant interdiction. Le juge Hudon, de la Cour du Québec, a accepté la suggestion commune de Me Nicole Ouellet (Couronne) et de Me Julien Boulianne (défense).

L’accusé a ainsi écopé d’une sentence de 90 jours de prison, à purger de façon discontinue et d’une interdiction de conduire de trois ans. Celle-ci s’ajoute à l’interdiction qu’il avait reçue en octobre dernier pour une période de quatre années. 

Dallaire, un homme qui a célébré son 37e anniversaire de naissance récemment, ne pourra reconduire un véhicule automobile avant sept ans, soit en mars 2025. 

« Mon client va se souvenir longtemps de celle-là. Tout ça pour quelques pieds de conduite », a lancé Me Boulianne, en regardant vers le magistrat.

Le juge Hudon a mentionné qu’il espérait que l’accusé allait y repenser à deux fois avant de reconduire pendant interdiction.

Surtout qu’il va en avoir pour sept ans avant de reprendre le volant.

Oui mais...

Certains diront qu’il a été malchanceux et d’autres estimeront qu’il n’a pas su saisir la chance qui lui avait été offerte auparavant. 

En fait, il avait eu deux chances de comprendre l’importance de ne pas conduire pendant une interdiction et ne pas conduire avec les facultés affaiblies. 

Certaines personnes pourraient être tentées de dénoncer le zèle des policiers, estimant que l’homme ne s’était tout de même pas promené sur la rue et qu’il ne pouvait frapper qui que ce soit.

D’autres estimeront que cette façon de faire pouvait laisser croire qu’il pouvait prendre son véhicule à n’importe quel moment.

Il faut savoir que l’article 259 (1) du Code criminel canadien est très clair sur les interdictions de conduire un véhicule à moteur et pas seulement une voiture. 

Cet article précise qu’une personne soumise à une interdiction de conduire ne peut avoir la garde ou le contrôle du véhicule ni le conduire, que ce soit un véhicule automobile, un bateau, un aéronef ou du matériel ferroviaire.

Ce faisant, l’accusé s’expose à des peines sévères d’interdiction de conduire et même d’emprisonnement. Ces sentences vont en augmentant s’il y a une ou plusieurs récidives. 

Antécédents

Il est clair que la peine imposée mercredi à Dallaire démontre que l’individu n’en est donc pas à son premier passage devant les tribunaux.

L’automne dernier, il avait été condamné à six mois de détention pour deux conduites pendant interdiction et une conduite avec les facultés affaiblies. 

C’est à ce moment que l’interdiction de conduire de quatre années avait été imposée. 

Ces peines et ces accusations signifient que Dallaire avait été condamné précédemment pour conduite avec les facultés affaiblies, qui ont mené à des sanctions sévères en octobre 2017.

Au total, Dallaire présentait des antécédents de possession de stupéfiants, de deux conduites avec les facultés affaiblies et de deux conduites pendant interdiction.

Sur ce point, il faut en ajoute une troisième.

Téméraire ?

À l’analyse de cette affaire, certains seraient portés à croire que l’homme n’a vraiment pas été chanceux. Il voulait seulement déplacer un véhicule et il a fallu que les policiers passent par là au même moment.

D’autres y iront plutôt de la remarque voulant que l’individu ait fait preuve de témérité et qu’il n’avait pas compris le message à l’occasion de ses autres passages au tribunal. 

Ils ajouteront qu’il n’avait qu’à demander à quelqu’un d’autre de déplacer la voiture et que tout cela ne serait pas produit.