Transport de drogue: un camionneur chicoutimien emprisonné aux États-Unis

Le Chicoutimien d’adoption Rubel Bhinder croupit depuis un peu plus d’un an dans une prison du Michigan après avoir été arrêté en possession de 41,24 kilogrammes de cocaïne et de 1,4 kg d’héroïne, d’une valeur totale d’environ deux millions de dollars. L’individu a fourni trois versions aux policiers.

Le camionneur originaire de l’Inde a été intercepté par les patrouilleurs de la police d’État du Michigan en septembre 2018 pour ne pas avoir respecté un article du code de la sécurité routière du comté de Monroe.

L’individu d’une trentaine d’années est assez connu à Saguenay pour avoir été copropriétaire d’un restaurant du boulevard Talbot. Inderjit Singh Bhinder – de son vrai nom, Rubel étant son surnom – aura passé une douzaine d’années à Chicoutimi, où il aurait notamment étudié au cégep de l’arrondissement.

L’information de son arrestation a été diffusée sur le site Internet CanIndia l’an dernier et reprise vendredi par la station radiophonique KYK-FM (95,7).

Rubel Bhinder a été arrêté en possession de 41 kg de cocaïne et 1,4 kg d’héroïne.

Les policiers américains ont intercepté Bhinder à proximité de la sortie 210 en Ohio et ils ont trouvé des sacs remplis de stupéfiants sur la banquette arrière du tracteur du camionneur.

On y raconte qu’à l’arrivée des agents, le camionneur s’est montré très nerveux. Il a avoué aux policiers qu’il savait que l’on recherchait son camion.

Les agents ont fait venir l’escouade canine K-9 afin d’inspecter le camion. La drogue a été trouvée, de même que deux téléphones cellulaires, un GPS et divers papiers.

Durant son interrogatoire, Bhinder a changé souvent sa version. Il a d’abord expliqué au tribunal être entré au Michigan par le Port Huron Blue Water Bridge vers 23 h et qu’il a conduit jusqu’à une halte routière du Michigan.

Il a prétendu être allé à la salle de bain et qu’à son retour, trois hommes se trouvaient à proximité du camion. Il a affirmé que c’était probablement eux qui avaient mis les sacs de drogue dans son camion, même si celui-ci était verrouillé.

Il n’a pas été en mesure de donner de description des trois individus. Bhinder dit ne pas avoir vu les sacs de drogue étant donné que les rideaux de la couchette étaient fermés.

Plus tard, il a donné les mots de passe des cellulaires aux agents et ceux-ci ont noté que des messages avaient été reçus afin que Bhinder se rende près de l’I-275 (route nationale) à Wayne County. L’accusé clame qu’il ne s’y est jamais rendu.

Dans une deuxième déclaration, Bhinder dit avoir quitté l’autoroute pour rencontrer deux individus qui lui ont remis les sacs de drogue, mais qu’il croyait que ces sacs contenaient plutôt des vêtements pour des membres de sa famille au Canada.

Et finalement, l’ancien restaurateur a admis aux agents qu’il savait que les sacs étaient remplis de drogue et qu’il avait été dirigé afin d’en prendre possession aux États-Unis et de les transporter jusqu’au Canada.

«Un bon gars» 

Cette histoire a bouleversé son ancien associé du milieu de la restauration. Le Progrès a été en mesure de le contacter. À sa demande, il ne sera pas identifié, ni même son restaurant, étant donné qu’il n’a rien à voir avec cette histoire de trafic de stupéfiants.

« Son vrai nom est Iderjit Singh Bhinder, mais il se faisait appeler Rubel. C’est le surnom que son parrain lui avait donné. Il est parti le 1er janvier 2018. Six mois avant, je savais qu’il partirait et je lui rachetais ses parts. Durant plusieurs mois, j’avais des nouvelles et tout semblait bien aller », raconte le propriétaire de restaurant.

« Et en septembre 2018, tout d’un coup, plus de son, plus d’image. Je n’avais plus aucune nouvelle. J’ai bien essayé d’en avoir, mais je n’y arrivais pas », ajoute-t-il.

Il a commencé à s’interroger lorsqu’il a appris que des connaissances de Bhinder avaient de la difficulté à passer les douanes américaines, car ils le connaissaient.

« On a fouillé sur Internet et c’est là que nous avons découvert qu’il avait été pris avec de la drogue. Il aimait l’argent et le luxe, mais j’ai tout de même de la misère à comprendre. C’est un bon gars. Il était aimé de tout le monde. Je pense qu’il s’est fait embarquer. Ça me jette à terre cette affaire-là », a conclu l’ami de Bhinder.