Jordan Buissereth a déjà été victime d’une tentative de meurtre en 2016, mais avait refusé de porter plainte.

Trafic d’armes à feu : Buissereth demeure incarcéré

Le Montréalais Jordan Buissereth demeure incarcéré. Il a échoué dans sa tentative d’obtenir sa remise en liberté. Le tribunal estime qu’il manque de respect envers le système judiciaire et représente un risque de récidive.

Buissereth, un Montréalais de 24 ans, a été arrêté le 21 janvier en compagnie de Jean-François Bergeron et de Laurence Riverin-Desrosiers sur la route 175, dans la Réserve faunique des Laurentides.

Il est accusé d’entrave au travail des policiers, de complot pour le trafic d’armes à feu, de possession d’armes à feu sachant qu’elles proviennent de la perpétration d’un crime, de possession non autorisée d’armes à feu, de possession d’armes à feu dans un véhicule, de bris de condition (ne pas avoir d’armes à feu à vie) et de possession dans le but d’en faire le trafic.

Les policiers ont saisi neuf armes de poing, qui faisaient partie d’un vol de 25 armes au commerce Pronature d’Alma à l’automne 2018.

Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a entendu les représentations de Me Marie Sirois, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et de Me Nicolas Gagnon, en défense, les 1er et 4 février.

Une ordonnance de non-publication sur la preuve recueillie par les policiers de l’Escouade régionale mixte (ERM) et du Bureau régional des enquêtes (BRE) empêche les médias de dévoiler les détails de l’opération policière.

Le magistrat s’est rangé derrière les arguments du ministère public, qui prétendait que les accusations étaient importantes et qu’il y avait un risque de récidive. La Couronne croyait aussi que la libération de Buissereth pourrait miner la confiance du public envers le système de justice.

Le juge Lortie retient aussi que les garanties offertes n’ont pas semblé des plus sérieuses. Le magistrat croit que la conjointe de Buissereth est sincère lorsqu’elle dit qu’elle va l’encadrer, mais il retient aussi que celle-ci a fermé les yeux sur les activités de son conjoint et qu’il serait surprenant qu’elle ait les yeux ouverts cette fois.

Le tribunal a aussi noté que l’accusé a été interpellé une centaine de fois par les policiers de Montréal, qu’il est en attente de décisions dans des affaires de voies de fait armées et de menaces. Il possède aussi des antécédents judiciaires en matière de violence, de possession de stupéfiants et de vols qualifiés qui ont débuté alors qu’il n’avait que 13 ans.

« Pour Montréal, il se dit victime de harcèlement de la part des policiers, mais il n’a jamais porté plainte. L’accusé fait preuve d’un manque de sérieux et ne respecte pas le système judiciaire », a conclu le juge Lortie.

Son dossier, comme ceux des autres accusés, reviendra le 28 février.