Tiffany Jean-Pierre victime d'un drame familial à Opitciwan

LA TUQUE – Une femme de 29 ans de la communauté autochtone d’Opitciwan, en Haute-Mauricie, est morte dans ce qui semble être un drame familial. Tiffany Jean-Pierre a perdu la vie après une altercation survenue dans une résidence privée mardi soir. Mercredi, son frère, Joe-Bastien Jean-Pierre, 27 ans, a formellement été accusé de meurtre non prémédité de sa sœur.

Pour l’instant, peu de détails ont été divulgués, car l’avocat de Joe-Bastien Jean-Pierre, Me Denis Otis, n’avait reçu qu’une partie de la preuve avant l’audience. «Il a comparu sous l’accusation de meurtre au second degré, a expliqué Me Otis à la suite de la comparution de son client au palais de justice de Roberval. Selon les prescriptions du Code criminel, automatiquement, le juge de la Cour du Québec doit le renvoyer sous garde en attendant que la suite des procédures se fasse. Je vais évaluer si on est en mesure de faire une demande pour sa remise en liberté.»

Les procédures ont donc été remises au 17 janvier, afin de laisser le temps à la défense de prendre connaissance des différents éléments de preuve. C’est à ce moment que l’accusé devrait prendre position à savoir s’il plaide coupable ou non.

L’enquête est menée par l’unité des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec (SQ), qui travaille en collaboration avec le service de sécurité publique d’Opitciwan sur ce dossier.

Dans le cadre des procédures, Me Otis a l’intention de s’adresser à l’aide juridique afin d’obtenir l’aide d’un interprète pour communiquer avec son client, qui ne maîtrise pas bien le français. Lors de la comparution, une interprète était présente, et ça devrait être le cas tout au long des procédures.

D’ici à sa comparution, le 17 janvier, Joe-Bastien Jean-Pierre demeurera détenu. 

S’il est reconnu coupable, il est passible d’une peine minimale d’emprisonnement à vie. «C’est l’admissibilité à la libération conditionnelle qui peut être plus courte pour un meurtre au second degré, mais ça ne peut pas être en bas de 10 ans», a précisé Me Otis.

Tiffany Jean-Pierre

Des circonstances nébuleuses

Ce sont des policiers autochtones du Service de la sécurité publique d’Opitciwan qui ont été appelés à se rendre à la résidence de la rue Tcikipnaw dans le territoire atikamekw situé à peu près à mi-chemin entre Val-d’Or et Saguenay. Les circonstances de l’affaire ne sont pas encore connues.

La Sûreté du Québec et le Service de la sécurité publique d’Opitciwan travaillent en collaboration afin d’éclaircir cette mort.

«Les gens sont surpris et sous le choc aussi. C’est sombre aujourd’hui ici (hier). Tout le monde a de la peine. Les gens parlent beaucoup de ça, et ils n’arrivent pas à y croire encore», a témoigné Justin Chachai, un membre de la communauté d’Opitciwan.

Le chef du Conseil des Atikamekw d’Opitciwan, Christian Awashish, s’est dit sous le choc d’apprendre le drame qui s’est déroulé dans sa communauté.

«On connaît la mère des enfants concernés dans l’altercation, elle travaille au CPE. On n’arrive toujours pas à comprendre ce qui s’est passé pour en arriver à une telle tragédie. […] Toute la communauté est affectée par ça. On n’ignore pas qu’il y a beaucoup de situations de violence dans la communauté, mais on est toujours étonné dans de telles circonstances», a-t-il affirmé.

«Quand une famille vit un drame dans une communauté, c’est toute la communauté qui est touchée. Ce n’est pas agréable de vivre ça. Je souhaite à la famille beaucoup de courage dans cette épreuve-là», a ajouté Christian Awashish.

Problèmes de surpopulation

Selon lui, la surpopulation dans les habitations amène son lot d’irritations et le climat au quotidien peut parfois être difficile à supporter.

«Ce sont des adultes qui vivent avec des adultes. Parfois ils sont entre 10 et 15, ce n’est pas un milieu où tout le monde peut avoir sa quiétude», a-t-il indiqué.

Le grand chef de la nation atikamekw a lui aussi réagi à la triste nouvelle. Il a offert ses condoléances à la famille via Facebook.

«Mes condoléances les plus profondes à la famille Jean-Pierre, à la famille Dubé, ainsi qu’à toute la communauté. Mon cœur et mes pensées vous accompagnent tous», a-t-il écrit.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle