Thérapie pour le voleur en série

Martin Potvin, un des «plus grands voleurs de Saguenay», a reçu une peine d’emprisonnement en collectivité de 24 mois, vendredi au Palais de justice de Chicoutimi

L’homme de 47 ans, qui a plaidé coupable à des vols de quelques milliers de dollars, en était à sa 40e condamnation de même nature. Il a d’ailleurs purgé plusieurs peines de prison pour des accusations similaires. Il a notamment volé du parfum, des lames de rasoir, de la viande et des lunettes en très grande quantité. «C’est la quintessence de la désorganisation», a décrit Me Charles Cantin, l’avocat de Potvin depuis son début de carrière en droit criminel. 

Le Jonquiérois ne sera cependant pas libre comme l’air. Le juge Richard. P. Daoust a accepté la suggestion commune des procureurs de l’envoyer en thérapie fermée à la maison Ressac. Potvin sera également en période de probation pendant trois ans, à la suite de sa peine d’emprisonnement.

«C’est un cas clair de détention, a d’emblée mentionné le juge Daoust. Vous avez un profil criminel parfait. Dans vos antécédents, il y a des articles du Code criminel que je ne connais même pas, des articles qui ont été abrogés. Vous avez tout fait!», a ajouté le juge, en faisant référence à la longue liste d’antécédents de Potvin.

À l’aube de la cinquantaine, le Jonquiérois montre toutefois des signes d’une reprise en main et d’une nouvelle sobriété. C’est le coût élevé de la drogue qui le poussait à voler.

Vivant de l’aide sociale, Potvin ramasse des bouteilles et autres objets dans les bacs résidentiels pour augmenter ses revenus. « Ce n’est pas un emploi déclaré. Mais c’est honnête. Je ne fais pas de coups (vols) », a exprimé Potvin, précisant qu’il récolte en moyenne 50 $ par jour en ramassant des objets et des canettes. 

«Il y a une espèce d’espoir qui se passe. C’est vrai que vous avez travaillé sur vous. L’intensité des crimes a aussi diminué. Ce qui me rassure, c’est que les 24 mois à la maison Ressac, on vous ne perd pas dans la brume. Au premier accroc, vous allez en prison », a martelé à plusieurs reprises le juge, en s’adressant à Potvin.