Michel Guénard n'a pas apprécié la présence des caméras au Palais de justice et ne s'est pas gêné pour leur dire sa façon de penser.

Tentative de séquestration: un fugitif agressif au palais de justice

Michel Guénard, un individu de Stoneham-et-Tewkesbury, est accusé d'introduction par effraction dans le but de commettre un acte criminel, de voies de fait et de port de déguisement dans l'affaire de tentative de séquestration commise jeudi à Saint-Félix-d'Otis. Un deuxième homme de 51 ans a été arrêté en fin d'après-midi en lien avec cette histoire.
Michel Guénard
L'homme à la forte stature a comparu vendredi après-midi au Palais de justice de Chicoutimi devant le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec. Il avait été retrouvé par la police jeudi soir, caché dans un boisé, situé à moins d'un kilomètre du lieu du crime, soit une résidence du lac Goth.
L'individu de 45 ans, qui était pieds nus, fait face à trois chefs d'accusation en lien avec cette affaire qui a mobilisé de nombreux policiers de la Sûreté du Québec et la collaboration des agents de la Sécurité publique de Saguenay.
À son arrivée au Tribunal, Guénard s'est montré passablement calme. Mais dès qu'il a aperçu la caméra de Radio-Canada et le photographe du Progrès, il a perdu tous ses moyens.
« Arrêtez de me filmer, de me photographier. Je vais crisser un coup de pied dans ta caméra », a lancé Guénard, visiblement en colère.
Les deux policiers de la SQ ont dû le maîtriser afin qu'il ne s'en prenne à qui que ce soit.
Les agents ont placé Guénard dans un petit local réservé aux avocats, ce qui n'a pas calmé davantage l'individu, qui a continué de s'en prendre verbalement aux preneurs d'images, avant de demander à rencontrer Me Charles Cantin.
Lorsqu'il a été convoqué devant le juge, Guénard a continué d'enguirlander les photographes et le caméraman en leur disant que lui aussi avait pris leur visage en photo.
Devant le magistrat, Guénard a prétendu ne pas savoir pour quelles raisons il avait été arrêté, qu'il était prêt à se soumettre au polygraphe et qu'il n'était pas au courant que des accusations de vol avaient été portées contre lui à Québec dans une autre affaire.
« Me Cantin, ils ont dit qu'ils ont mes empreintes de souliers sur les lieux. Je ne comprends pas », a mentionné l'accusé devant le juge, avant que son avocat ne lui dise de ne plus parler.
Lorsqu'il est sorti de la salle d'audience, Guénard a encore aperçu les médias et y est allé d'une autre salve d'insultes.
« T'aimes ça prendre ma photo! Ça te fait-tu bander? »
Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), s'est opposée à la remise en liberté de Guénard, d'autant plus que l'individu semble posséder un casier judiciaire bien rempli.
Il lui est interdit de communiquer avec un dénommé Johnny Daigle. Il n'a pas été possible de savoir s'il s'agit du deuxième individu arrêté dans cette affaire.
L'homme de 51 ans appréhendé vendredi après-midi a été amené au quartier général de la SQ à Chicoutimi afin d'y être interrogé et de connaître son implication dans la tentative de séquestration.
boisé
Guénard a été interpellé jeudi soir vers 22 h. Il était caché dans un boisé lorsque les policiers de la Sûreté du Québec l'ont retracé.
« L'homme a été retrouvé dans un secteur boisé situé à moins d'un kilomètre des lieux du crime. Il a été interrogé, amené au poste de la Sûreté du Québec et ensuite envoyé à l'hôpital pour y recevoir des soins », a indiqué Marie-Josée Ouellet, porte-parole de la SQ.
Il faut se rappeler que deux individus cagoulés sont entrés dans une maison du chemin du lac Goth, à Saint-Félix-d'Otis jeudi matin. Ils ont essayé d'attacher la propriétaire des lieux, mais celle-ci est parvenue à s'échapper et à obtenir l'aide des voisins, qui avaient entendu des cris.
Les policiers ont entrepris une chasse à l'homme dans le secteur, ont ratissé la localité de Saint-Félix-d'Otis et ont demandé aux policiers de la Sécurité publique de Saguenay d'ériger un barrage à La Baie au cas où les deux voyous passeraient par là.