Jean-Philippe Blanchette avait un taux d'alcool de .142 dans le sang lors de l'accident.

Taux d'alcool de .142 pour Blanchette

Le Chicoutimien Jean-Philippe Blanchette a affiché des taux d'alcool dans le sang de .158 et de .142 le soir du 15 août 2014 lorsque son Jeep a fini sa route dans un ravin, entraînant sa conjointe Kathleen Haché-Binette dans la mort.
La toxicologue judiciaire, Geneviève Huppé a expliqué que les facultés d'un automobiliste sont rapidement affectées par l'alcool.
Le policier Ian Savard a été en contact rapide avec l'accusé.
À la deuxième journée du procès devant le juge Denis Jacques, de la Cour supérieure du Québec, et des 12 membres du jury, le policier Ian Savard, de la Sécurité publique de Saguenay, est venu raconter cette soirée fatale de l'été 2014, alors qu'il a passé de nombreuses minutes avec l'accusé. Blanchette, âgé de 36 ans, est accusé de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort, de conduite avec un taux de plus de 80 milligrammes d'alcool par 100 millilitres de sang causant la mort et de négligence criminelle causant la mort. Il s'expose à la prison à perpétuité (peine maximale) s'il est reconnu coupable.
L'agent Savard a été en contact avec Blanchette dès son arrivée et s'est rendu compte de son état d'ébriété. Il a été mis en état d'arrestation. 
« Au quartier général, le premier test a donné un résultat de .158 (limite de .80) et le deuxième (fait environ 20 minutes après) a été de .142 (le taux le plus bas est retenu selon la loi) » a mentionné l'agent Savard.
Le juge a mentionné que ces résultats n'ont pas été contestés par la défense et que le test était valide. 
Tout au long de l'intervention, Blanchette ne s'est pas préoccupé pour son état de santé, s'inquiétant davantage pour sa compagne.
« J'étais à un pied de lui lorsque je lui ai demandé s'il était correct. Il m'a répondu : ne vous occupez pas de moi. C'est de ma faute, arrêtez-moi, je m'en crisse. Lorsque je lui ai lu ses droits et de son droit à l'avocat, il a fait signe d'avoir compris avant de dire, je m'en fous, arrêtez-moi », a relaté le policier.
Comme il était difficile de trouver l'emplacement de l'accident, les policiers ont décidé de se rendre dans le sentier, avec l'accusé, afin de trouver le véhicule.
« On s'est dirigé dans le sentier. À un moment donné, arrivé au premier embranchement, il est devenu agressif et nous a dit : voyons sti, vous êtes ben taouin. C'est par là (à droite) alors qu'il a toujours dit que c'était à gauche », a poursuivi le policier.
Blanchette s'est aussi montré inquiet de ce qui était pour arriver de la fille de sa conjointe.
 
Un traumatisme crânien a causé la mort de la victime
Kathleen Haché-Binette est décédée des suites d'un traumatisme crânien en raison d'une blessure dans la région temporale de l'oreille droite.
La médecin à l'urgence, Marlène Landry, a résumé le rapport médical réalisé le soir du 15 août 2014 lorsque la victime a été amenée à l'urgence de l'hôpital de Chicoutimi. 
« La tête et le crâne ont été touchés. Il y a eu un traumatisme majeur et une fracture du crâne. Il s'agit de la cause du décès », a expliqué la médecin.
Dre Landry avait noté qu'une odeur d'alcool se dégageait, mais que ça pouvait provenir de la patiente ou de ses vêtements. Elle a remarqué du sang sur le cuir chevelu et dans le visage, des hématomes autour des yeux et du sang qui coulait du nez. 
De son côté, Geneviève Huppé, chimiste et toxicologue judiciaire au Laboratoire de science judiciaire et médico-légal de Montréal, a confirmé que les taux d'alcool obtenus étaient fiables.
Elle a ensuite été questionnée sur les effets de l'alcool sur la conduite automobile.
« Avec un taux de .50, les facultés intellectuelles d'un individu sont affaiblies. L'attention, le jugement, la mémoire, la compréhension et le contrôle de soi sont affaiblis. À .60 ou .70, les facultés sensorielles sont aussi touchées. Un automobiliste voit moins bien, car l'oeil perçoit moins bien un mouvement et voit sa diminution périphérique être diminuée », explique la chimiste.
« Quant aux fonctions motrices, on va remarquer une démarche chancelante et un langage escamoté. Ceux qui tolèrent mieux l'alcool ne seront peut-être pas affectés à ce niveau, mais le seront pour les fonctions sensorielles et intellectuelles », de dire Mme Huppé.
Celle-ci a ajouté que le risque que l'accusé soit impliqué dans un accident était 20 fois plus élevé avec un taux de .142 qu'à zéro. 
Reconstitutionniste
Pour sa part, le reconstitutionniste de niveau III de la Sécurité publique de Saguenay (SPS), Pierre Girard a mentionné que le Jeep de Blanchette a effectué une manoeuvre de freinage à quelques pieds d'un amas de roche, car il ne pouvait aller plus loin.
« Il a ensuite reculé et est reparti de l'avant sur environ 58 pieds avant de tomber au fond du ravin. Je ne comprends pas qu'il n'ait pas réagi surtout que l'on voyait la tête des arbres. Moi je l'ai vue avec une lampe de poche, alors que lui, ses phares étaient allumés. Ça aurait dû constituer un indice », note M. Girard, qui a noté que les pneus du véhicule étaient surdimensionnés et trop larges. STÉPHANE BÉGIN