Surpris au volant trois jours après le début de son interdiction de conduire

Deux automobilistes ont été punis pour avoir conduit leur véhicule alors qu’ils se trouvaient sous une interdiction de le faire. Ils ont été arrêtés 3 et 30 jours seulement après être passés au Palais de justice et avoir reçu leur peine.

Ces deux cas ont été réglés en l’espace de moins de 30 minutes, lundi matin, au Palais de justice de Chicoutimi, devant le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec.

Le magistrat ne semblait pas en revenir de ces deux situations.

« Le message ne passe pas. La publicité faite autour de la conduite avec les facultés affaiblies et la conduite pendant interdiction ne marche pas. Il faut trouver des solutions », a lancé le juge en pleine salle d’audience.

Le nombre de cas de conduite avec les facultés affaiblies ne semble donc pas s’améliorer, pas plus que celui des conduites pendant interdiction, malgré la sensibilisation faite par la Société d’assurance-automobile du Québec (SAAQ).

Lundi matin, un individu arrive du bloc cellulaire. L’homme a été pris, le dimanche 15 avril, à conduire son véhicule malgré une interdiction de le faire émise le... 12 avril, trois jours auparavant.

Le client de Me Julien Boulianne a prétexté qu’il allait livrer une soumission au nom de son employeur.

L’homme écope de 30 jours de détention et se voit imposer une interdiction de conduire supplémentaire d’une année consécutive à la première, soit jusqu’à la fin de 2019.

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, cherche des solutions afin de faire passer le message que la conduite pendant interdiction doit être respectée.

Pas le coup du siècle

D’autre part, un homme de 43 ans, qui occupe un bon emploi au sein de la multinationale de l’aluminium, a aussi été pris derrière le volant un mois après avoir vu son droit de le faire être suspendu.

Le 13 octobre 2017, le client de Me Luc Tourangeau est condamné à une amende pour avoir conduit avec les facultés affaiblies. Le tribunal lui impose une interdiction de conduire d’une année en lui précisant que s’il le fait quand même, qu’il va probablement se faire prendre et qu’il risque la prison.

Mais le Chicoutimien utilise tout de même le véhicule de sa conjointe, le 13 novembre, un mois plus tard.

Les policiers de Saguenay ont suivi le conducteur, vérifié la plaque (au nom de sa conjointe) et ont demandé si d’autres conducteurs vivaient à la même adresse. Ils ont voulu vérifier l’identité du conducteur. L’homme avait perdu son permis de conduire.

« J’avais fait le changement de pneus sur le véhicule et il y avait un frottement. Je croyais à un problème de direction. J’ai voulu vérifier. Ce fut deux rues de trop. Ça n’a pas été l’idée du siècle. Ce n’était pas brillant de ma part et ma conjointe me l’a fait savoir lorsqu’elle est venue me chercher. J’aurais dû agir autrement », a mentionné l’individu.

Celui-ci a aussi avoué à Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne, qu’il avait profité de la courte sortie pour se rendre au dépanneur et y acheter une caisse de 36 canettes de bière.

« Depuis ce temps, je vois un psychologue afin de comprendre ce qui a pu m’amener jusque-là. »

Me Lebel a demandé qu’une amende de 2000 $ soit imposée à l’accusé et qu’il effectue 240 heures de travaux communautaires. Me Tourangeau souhaitait davantage trois mois en collectivité.

« Vous avez transgressé l’ordonnance seulement un mois après la sentence. Vous vouliez voir l’état de la voiture et vous êtes allé chercher de la bière au dépanneur. Je me dois de vous donner une peine dissuasive pour que vous ne recommenciez pas, et dénonciatrice pour faire en sorte que les autres conducteurs n’aient pas le goût d’agir comme vous l’avez fait », a mentionné le juge Daoust.

« Je vais donc vous condamner à 2000 $ d’amendes et à 150 heures de travaux communautaires. Il vous sera interdit de conduire durant une année supplémentaire aussi », a conclu le magistrat.