Stupéfiants: un individu libre comme l'air

Le Chicoutimien Martin Desgagné est libre comme l’air même s’il a été pris en possession de 30 000 comprimés de métamphétamine et plus de 1,5 kilogramme de cannabis.

S’il avait été reconnu coupable, l’homme aurait pu écoper d’une peine assez sévère en raison des quantités trouvées à son domicile.

Mais les accusations déposées contre lui ont été retirées par la procureure-chef adjointe au bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Me Claudine Roy.

Selon les détails obtenus par Le Quotidien, les policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) ont été appelés au domicile de Desgagné pour une histoire de violence, le 1er septembre dernier.

À leur arrivée sur les lieux, les patrouilleurs ont trouvé les importantes quantités de stupéfiants. Ils ont obtenu des informations importantes et délicates sur cette affaire de drogue.

Rapidement, ils ont pu procéder à l’arrestation de Desgagné.

Celui-ci a été officiellement accusé de possession dans le but de faire le trafic de stupéfiants.

Mais avant que le procès ne puisse avoir lieu, avant même que la cause ne soit exposée au tribunal, il y a quelques jours, le DPCP a fait volte-face. 

Selon les informations qui circulent, des policiers auraient commis des erreurs importantes dans le dossier, faisant en sorte qu’il aurait été difficile de soutenir la preuve contre l’accusé.

Me Roy a annoncé au juge que les accusations étaient retirées, sans préciser les raisons devant le magistrat, qui ne connaissait pas les détails dans cette affaire.

« Notre analyse est toujours la même dans tous les dossiers. Nous devons démontrer la culpabilité hors de tout doute raisonnable de l’accusé. Si nous avons des nouvelles informations, peu importe les étapes de la procédure judiciaire, qui nous amènent à la conclusion que nous n’avons pas la conviction de la culpabilité, nous pouvons prendre des décisions », précise Me Roy.

« Nous avons pris les responsabilités qui incombent au ministère public. Et c’était de retirer les accusations en raison des informations que nous avions obtenues », a repris la procureure-chef adjointe du DPCP. 

Au final, l’accusé a vu les accusations être retirées. Mais la drogue saisie ne se retrouvera pas sur le marché de la rue et ne pourra contaminer qui que ce soit, car elle a été détruite.

Le DPCP a aussi été en mesure de conserver les 500 $ trouvés à proximité des stupéfiants, somme qui sera remise au service du procureur général du Québec.

En défense, Me Julien Boulianne a préféré ne pas commenter le dossier, se contentant de dire qu’il était bien heureux pour son client.

À la Sécurité publique de Saguenay, le porte-parole Bruno Cormier nous a référé au DPCP pour connaître les raisons du retrait des accusations.