Stéphane Girard

Stéphane Girard: la Couronne demande deux ans de pénitencier

«Faire trois mois de thérapie n’efface pas 25 ans d’antécédents judiciaires.» Le procureur de la Couronne, Me Sébastien Vallée, demande une peine de deux ans de pénitencier pour Stéphane Girard, reconnu coupable d’une sixième conduite en état d’ébriété.

Girard a été impliqué dans un accident de motoneige le 27 mars 2017. Alors qu’il remorquait son ami Michel Gagnon dans un sentier de motoneige à Lac-Kénogami, le multirécidiviste s’est aperçu que l’engin de son compagnon avait quitté le sentier et avait percuté un panneau. Michel Gagnon en est décédé.

Girard a été acquitté d’avoir causé la mort de Michel Gagnon, mais a été reconnu coupable de conduite avec les facultés affaiblies. Il avait déjà été reconnu coupable en 1991, 1993, 1997 et deux fois en 2009. À la dernière occasion avant l’accident mortel de 2015, Girard avait écopé de deux ans de pénitencier. 

La représentation sur la peine de la Direction des poursuites criminelles et pénales avait lieu mercredi au Palais de justice de Chicoutimi. La défense avait déjà fait sa représentation, en novembre. 

L’individu affirme ne pas avoir bu depuis l’événement. La thérapie de trois mois aurait été concluante, mais le rapport présentenciel ne peut éliminer les risques de récidive. «La loi n’interdit pas à Monsieur de boire de l’alcool, a dit Me Vallée. Elle lui interdit de conduire quand il est sous les effets de l’alcool. C’est d’une facilité déconcertante!»

La Couronne demande également un interdit de conduire variant entre 15 et 20 ans pour Girard.

«Dans les dossiers de conduite avec les facultés affaiblies, on utilise les termes témérité, aveuglement et insouciance. Lorsqu’il s’agit d’un multirécidiviste, c’est de l’inconscience. Les peines antérieures n’ont pas fait leur effet», a dit Me Vallée.

La défense estime de son côté que le motoneigiste doit bénéficier d’un sursis de sentence. L’avocat de Girard, Me Charles Cantin, note sa réhabilitation au cours des 33 derniers mois, sa détention préventive de deux mois et demi et sa thérapie fermée et réussie de trois mois. «Une réhabilitation acquise, c’est quelque chose de très rare pour des multirécidivistes», a-t-il dit.

Le juge Paul Guimond a pris le dossier en délibéré. Le jugement sur détermination de la peine aura lieu le 26 janvier. 

Mercredi, le juge Guimond a rappelé l’arrêt Fleischer, un homme de 60 ans condamné à quatre mois de détention pour une 15e faculté affaiblie par la Cour d’appel en 2015. «C’est une décision particulière. Je n’ai pas trouvé autre chose d’équivalent», a affirmé Me Vallée.