Steeve Marquis semblait songeur et soucieux quelques minutes avant d’entrer en salle d’audience et d’entendre les jurés prononcer les verdicts à son endroit.

Steeve Marquis reconnu coupable de cinq des huit chefs

Les 12 membres du jury n’ont pas acheté la version de Steeve Marquis disant qu’il avait asséné une seule claque au visage de son ex-conjointe pour lui fracturer la mâchoire. Ils l’ont reconnu coupable de voies de fait causant des lésions et de quatre autres chefs d’accusation. Il est par contre acquitté de voies de fait armées.

À 11 h 23, le juge Louis Dionne, de la Cour supérieure du Québec, a mentionné aux avocats Jean-Sébastien Lebel (Couronne) et Louis Belliard (défense) qu’une troisième enveloppe venait de lui être remise à la troisième journée des délibérations. 

Les jurés sont entrés dans la salle d’audience et le greffier a demandé si le jury avait des verdicts unanimes dans le dossier de Steeve Marquis. La réponse a été affirmative.

Les 12 citoyens de Saguenay ont acquitté l’homme de 40 ans de Jonquière d’avoir lancé un couteau en direction de son ex-conjointe et de l’avoir frappé avec un manche à balai (voies de fait armées), d’entrave à la justice et de conduite avec les facultés affaiblies.

Mais les jurés l’ont reconnu coupable d’avoir fracturé la mâchoire de la dame. 

À la lumière de leur décision, il faut croire qu’ils n’ont vraiment pas acheté les explications de l’accusé. 

En août 2016, le couple s’est retrouvé chez des amis à Montréal. Un soir, après avoir assisté à un spectacle de feux d’artifice, les choses ont mal tourné. L’accusé a prétendu avoir frappé la victime après que celle-ci lui eut donné deux coups de poing. Par réflexe, il s’était retourné et a atteint la victime au visage. Elle a subi une fracture à deux endroits. Un spécialiste est venu dire qu’il était peu probable qu’une claque ait pu causer autant de dommages.

On peut penser que le jury, qui ne donne aucune raison pour expliquer ses verdicts, a plutôt penché du côté de la victime, qui dit que Marquis lui a asséné un coup de poing pour lui fracturer la mâchoire.

La principale raison de ce geste serait un message laissé par un membre de la famille de la victime voulant que les policiers les cherchaient. Marquis n’aurait pas apprécié.

Le client de Me Belliard est aussi coupable de voies de fait (bousculade et pour avoir pris la victime à la gorge), de harcèlement, d’introduction par effraction et de bris d’engagement.

Un rapport présentenciel a été demandé. Les représentations sur sentence auront lieu le 29 mai. 

Me Lebel entend demander une peine exemplaire, dissuasive et sévère, alors que son confrère ne croit pas que la détention doive se faire au pénitencier (plus de deux ans).

Le prévenu s’expose à une peine maximale de 10 ans pour les voies de fait causant des lésions et à la perpétuité (au maximum) pour l’introduction par effraction.

Juste

Une fois que les verdicts ont été prononcés, le juge Dionne a mentionné aux jurés que ceux-ci étaient clairs, sans équivoque et juste.

« Vous venez de vivre une expérience unique et qui vous a permis de faire appel à votre bon jugement. Vous avez pu occuper la fonction la plus élevée accordée à des citoyens », a lancé le magistrat, avant d’aller discuter avec les 12 jurés.

Par la suite, le juge s’est interrogé s’il devait ordonner l’incarcération immédiate du prévenu étant donné qu’une peine de détention ferme peut être envisageable. Mais il n’y a pas donné suite. Il a retenu que le prévenu avait respecté ses conditions, sauf à une occasion, depuis 15 mois.

« Je vous encourage à profiter de ce temps pour remettre de l’ordre dans votre vie. Les crimes sont sérieux et je ne peux pas écarter la possibilité qu’il y ait une peine de détention », a conclu le juge Dionne.