Steeve Marquis est incarcéré depuis le 4 juin. Il restera au pénitencier pour de nombreux mois encore.

Steeve Marquis écope de 36 mois

La société actuelle ne tolère plus la violence conjugale et demande aux tribunaux de punir les fautifs. Le Jonquiérois Steeve Marquis écope d’une sentence de 36 mois de détention pour avoir fracturé la mâchoire de son ex-conjointe et avoir maintenu une relation de domination durant des années.

Le juge Louis Dionne, de la Cour supérieure du Québec, a rendu sa décision, jeudi après-midi, après avoir entendu Me Jean-Sébastien Lebel (Couronne) réclamer une sentence de 48 à 60 mois, alors que le criminaliste Louis Belliard a plutôt suggéré une peine de six à douze mois.

Marquis, un individu de 41 ans, a été reconnu coupable le 23 mars par un jury de 12 citoyens de Saguenay de voies de fait causant des lésions à son ex-conjointe, de voies de fait (l’avoir pris à la gorge et l’avoir bousculée), de harcèlement criminel, d’introduction par effraction et de bris de probation.

Le Jonquiérois a par contre été acquitté de voies de fait (avoir lancé un couteau et donné un coup de balai), de conduite avec les facultés affaiblies et d’entrave à la justice.

« La société ne tolère plus la violence conjugale ou familiale et estime qu’il faut la dénoncer. Il s’agit d’un fléau et il faut la punir », a lancé le juge Dionne.

Dans sa décision, le magistrat ajoute que l’accusé a maintenu un climat de terreur et de domination dans sa relation d’environ cinq ans avec son ex-conjointe.

« Je suis en désaccord avec l’accusé lorsqu’il dit que la victime n’a eu que des blessures physiques. Il a été démontré qu’il y a eu des chocs post-traumatiques. Je prends aussi avec réserve les efforts de l’accusé lorsqu’il dit avoir travaillé sur la gestion de sa colère et sa consommation de stupéfiants et d’alcool », a relaté le magistrat.

« Je pense aussi que sa sincérité est variable, surtout lorsque l’on apprend, le jour des représentations sur sentence (jeudi), qu’il n’a pas mentionné à la probation qu’un mandat d’arrestation avait été émis contre lui à Montréal », a tenu à préciser le juge Dionne.

Ce dernier a livré un résumé des faits reprochés à Marquis, notamment l’épisode, lors d’une visite à Montréal, où il a asséné un coup de poing au visage de la dame, lui fracturant la mâchoire à deux endroits, après avoir appris que la mère de la victime, n’ayant pas de nouvelles de sa fille, avait appelé la police.

Le juge a relaté que Steeve Marquis a pris sa conjointe à la gorge, l’a frappé à coups de pied, s’est introduit chez elle et l’a menacé de mort.

« Vous êtes repartis en disant : “t’es morte ma câlisse. M’as te tuer ma câlisse.” [sic] Vous lui avez dit souvent que son trou était creusé. Et vous lui avez demandé de retirer sa plainte », a dit le juge.

« Je suis désolé »
Juste avant que le magistrat ne prononce la peine de 36 mois, il a demandé à Marquis s’il avait quelque chose à dire au Tribunal.

« Oui. Je suis désolé de tous les événements que j’ai pu causer dans la relation. N’eût été notre enfant, notre relation n’aurait probablement pas duré aussi longtemps. On y aurait mis un terme il y a un certain temps, a indiqué Steeve Marquis. Je veux vous dire aussi que j’ai travaillé sur moi. Mon enfant, je l’aime plus que tout au monde. »

Au-delà de la peine de trois années de détention, Marquis devra fournir un échantillon d’ADN et ne pourra posséder d’armes pour une durée de 10 années à la conclusion de la peine.

Par contre, le juge Dionne ne lui impose pas une interdiction d’être en contact avec son ex-conjointe afin de ne pas compliquer leur relation.

peine raisonnable
À la sortie de la salle d’audience, Me Lebel a mentionné que le juge a rendu une décision en conformité avec le droit applicable.

Quant à Me Belliard, il ne croit pas que la peine soit déraisonnable et estime qu’il lui serait difficile d’envisager de faire appel.

Le juge a retranché 34 jours de détention préventive à la peine.