Steeve Marquis et son avocat, Me Louis Belliard, ont expliqué au jury les circonstances des événements survenus entre l’accusé et sa conjointe de l’époque.

Steeve Marquis avoue avoir frappé sa conjointe

Le Jonquiérois Steeve Marquis nie avoir poussé sa conjointe contre une porte, n’a jamais lancé de couteau en sa direction et ne l’a pas battue chez lui à Jonquière. Mais il reconnaît l’avoir frappée au visage et lui avoir fracturé la mâchoire en voulant repousser son assaillante.

Du moins, c’est la version donnée par l’homme de 40 ans, qui subit son procès devant le juge Louis Dionne, de la Cour supérieure du Québec, et les 12 membres du jury, au Palais de justice de Chicoutimi.

Marquis est accusé de voies de fait causant des lésions, de bris de condition de remise en liberté et d’entrave au travail des policiers.

À sa deuxième journée d’interrogatoire, le criminaliste Louis Belliard a questionné son client en lien avec les supposés événements de violence conjugale survenus entre novembre 2012 et novembre 2016.

Marquis a été interrogé en long et en large sur l’épisode de Montréal où la dame a eu la mâchoire fracturée à deux endroits, un soir du mois d’août 2016. L’événement s’est produit dans l’appartement d’un ami.

La journée s’était passablement bien déroulée entre le couple et les amis. Sauf en matinée où la police cherchait à retracer l’accusé et sa conjointe dont les parents n’avaient pas de nouvelles. Le couple était choqué, mais n’en a pas fait un plat.

Durant la soirée, les amis sont retournés à l’appartement montréalais après avoir assisté à un spectacle de feux d’artifice. La conjointe de Marquis se serait impatientée parce que son homme ne s’occupait pas assez d’elle et trop d’une autre amie qui était sur place.

« Mon copain lui a dit de me laisser tranquille. Il y a eu une altercation verbale. Ma conjointe est retournée au salon et nous sommes demeurés dans la cuisine. Quelques minutes plus tard, je me suis dirigé vers la salle de bain et elle est arrivée derrière moi, sans que je la voie, et m’a asséné deux coups de poing au visage. »

« Je me suis retourné et je l’ai atteint au visage. Nous étions sous le choc. J’ai vu qu’elle perdait du sang. Elle ne parlait pas. Elle a demandé à prendre un bain. Il y avait plein de sang dans le bain. Je lui ai ensuite amené son pyjama et on est allés se coucher. Deux jours après, on est revenus au Saguenay. On est rendus à l’hôpital, mais après 45 minutes d’attente, madame a voulu retourner à la maison », a poursuivi Marquis.

Ce n’est que quelques jours plus tard que la victime est allée voir un dentiste, disant avoir mal aux dents. 

Une radiographie a démontré une double fracture à la mâchoire.

En contre-interrogatoire, Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne, s’est attardé sur la force utilisée lorsque le coup a été porté au visage de la victime. Il a demandé à l’accusé de répéter le geste devant le tribunal.

« J’ai pivoté vers la droite en allongeant le bras et en ayant la main ouverte. Le geste a été assez rapide. Je ne savais pas qui m’avait frappé, car je n’ai rien vu venir. J’ai juste voulu repousser la personne qui m’avait frappé », a répondu Marquis aux questions de la Couronne.

« Non, je n’ai pas eu mal à la mâchoire à la suite des deux coups de poing que j’ai reçus et je n’ai pas non plus eu mal à la main après avoir frappé », a-t-il ajouté.

En début de semaine, le docteur Marc Blackburn a précisé qu’il serait surprenant que les fractures soient dues à une claque, mais plutôt à des coups de poing, un accident de voiture, des coups de bâton de baseball ou d’une bagarre entre deux hommes.

Le reste de la journée, la défense s’est attardée à d’autres supposés épisodes de violence concernant l’accusé.

Questionné sur la possibilité qu’il ait poussé sa conjointe contre une porte, l’accusé dit n’avoir jamais fait ça.

Même réponse sur le fait d’avoir frappé avec un manche à balai.

« Je passe souvent le balai à la maison, mais je ne l’ai jamais frappée avec un balai. Je n’ai même jamais remarqué qu’elle avait la main enflée. Sur l’histoire du couteau, il m’est arrivé d’en échapper au sol, mais jamais devant madame et je n’ai jamais lancé de couteau en sa direction », affirme-t-il en s’adressant au jury.

L’accusé a confirmé l’existence d’antécédents judiciaires remontant à 2001. Marquis a affirmé avoir été reconnu coupable de menaces, d’entrave au travail des policiers en 2001, de possession d’une arme prohibée, d’avoir braqué une arme à feu, d’utilisation d’une arme à feu de manière négligente, de deux voies de fait et de bris en 2002. 

Il a été condamné pour une conduite avec les facultés affaiblies en 2004, de méfait en 2007 et d’introduction par effraction et de séquestration en 2007.