Stacey Sikounik Denis-Damée

Stacey Sikounik Denis-Damée: six ans pour avoir tué son père

Stacey Sikounik Denis-Damée écope d'une peine d'emprisonnement de six ans pour avoir poignardé à mort son père, il y a deux ans, à Obedjwan. Me Denis Otis a fait savoir qu'il porterait la décision en appel.
Le juge Michel Boudreault, qui a considéré le passé dysfonctionnel de la jeune fille et sa grande intoxication la nuit du drame dans la détermination de la peine, avait surtout un message clair à envoyer aux membres de la communauté autochtone.
« Le Tribunal doit laisser un message non seulement de dissuasion, mais d'éducation à l'égard de cette communauté des risques et conséquences associés à la consommation abusive d'alcool et de stupéfiants. Malheureusement, Stacey-Sikounik Denis-Damée en est la démonstration. Le Tribunal ne peut accepter que les habitants de cette communauté se fassent justice sous prétexte d'un passé trouble. Par ailleurs, le Tribunal ne doit pas rendre une peine à l'endroit de l'accusée avec excès, notamment pour laisser un message à la communauté autochtone que la consommation d'alcool et de stupéfiants et la violence doivent cesser, et ce, en raison du principe de l'individualisation de la peine », a-t-il lu.
Malgré la gravité du crime - poignarder son propre père avec un couteau de chasse -, le juge a insisté pour dire que le climat familial dans lequel elle a vécu n'a pas aidé. Dès 11 ans, elle consommait de la drogue. Elle manquait de nourriture à la maison. Plus tard, elle a commencé à inhaler du naphta pour finir par s'injecter de la cocaïne dans les veines à 15 ans. Elle a d'ailleurs contracté l'hépatite C. Elle s'est prostituée pour obtenir l'argent pour s'acheter de la drogue. Un mode vie qui a provoqué des psychoses toxiques.
Le soir du drame, elle avait consommé bière, alcools forts, cocaïne et métamphétamine. Reprochant à son père d'avoir une maîtresse, elle a décidé de lui assener un coup de couteau à la poitrine le 28 juin 2015.
En imposant une peine de six ans, le juge a considéré comme raisonnable la proposition de la procureure de la Couronne qui avait plaidé cette sentence quelques mois plus tôt.
Appel
L'avocat de Stacey Sikounik Denis-Damée, Denis Otis, va porter le verdict de la sentence en appel.
« Je vais prendre le temps de bien lire le jugement, mais à première vue, je songe fortement à faire appel de cette peine que je juge trop sévère dans les circonstances. Plusieurs facteurs atténuants ont été énumérés, mais ils ne semblent pas avoir été pris en considération », a-t-il commenté à la sortie du tribunal.
Parmi les facteurs atténuants retenus par le juge, notons son jeune âge, son état d'intoxication lors du drame, le fait qu'elle a plaidé coupable, sa thérapie réussie, malgré une rechute, son potentiel de réhabilitation et la présence de remords manifestés.
Denis Otis avait proposé une peine de deux ans moins un jour, soit l'équivalent du temps passé en prison. Le juge Boudreault a crédité un an et 295 jours à l'accusée. Il lui reste donc quatre ans et 70 jours à passer dans un pénitencier.