Son passé ne peut lui éviter le pénitencier

Le passé difficile d’un autochtone de 21 ans n’a pas été suffisant pour lui éviter une peine de pénitencier. Reconnu coupable d’une myriade d’accusations de violence, allant de séquestration, voies de fait causant des lésions sur une conjointe, sur un codétenu et de voies de fait sur agent de la paix, Jean-Léon Pinette-Hervieux a écopé d’une peine de trois ans de prison, mercredi, au Palais de justice d’Alma.

Comme la loi l’exige lorsqu’un autochtone est reconnu coupable, le jeune homme d’origine montagnaise a bénéficié d’un rapport Gladue. Ce type d’évaluation vise à identifier les facteurs qui ont conduit l’accusé à poser des gestes répréhensibles. Le rapport évalue si la personne a vécu des répercussions des politiques historiques néfastes, dont les pensionnats indiens.

Dans le cas de Pinette-Hervieux, il a été démontré qu’il a grandi dans un milieu difficile et ses proches ont été des victimes de ces politiques historiques. « Ça s’est répercuté d’une façon directe sur lui », a conclu le rapport Gladue.

Toutefois, le rapport annonçait un risque de récidive élevé, poussant le juge Paul Guimond à donner une peine de pénitencier. Le ministère public demandait de « mitiger les facteurs autochtones » dans ce cas-ci, en raison de la violence gratuite des gestes. Une peine de quatre ans de détention avait d’ailleurs été demandée. La défense proposait une peine de 20 mois de détention. Pinette-Hervieux, précisons-le, avait obtenu une peine de 13 mois dans le passé pour des gestes de violence.

« S’il est vrai que je dois tenir compte des facteurs autochtones, il est également vrai que monsieur est loin de la réhabilitation. Le risque de récidive est très présent », a pointé le juge Paul Guimond, faisant ainsi référence au rapport présentenciel.

La gratuité et la violence des gestes ont également penché en faveur d’une peine de pénitencier. Dans le cas des voies de fait causant des lésions à un codétenu, Pinette-Hervieux a donné des dizaines de coups de poing et coups de pieds. Il a également séquestré l’individu. Pendant cet épisode, il a aussi menacé de mort un agent de la paix. Les événements remontent à 2017. Dans une autre série de crimes, il s’en est aussi pris à sa conjointe. Il lui a assené des coups de pied alors qu’elle se trouvait sur le sol.

L’accusé s’exposait à une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison. Le jeune âge de l’individu, les facteurs autochtones et son plaidoyer de culpabilité ont fait partie des facteurs atténuants.