Le procès de Miguel Boivin, accusé de séquestration, de voies de fait et de menaces de mort, a débuté jeudi, au Palais de justice de Chicoutimi, avec le témoignage de la présumée victime.

Son ex-copine a cru mourir

« J’ai vraiment pensé mourir ce soir-là. » L’ex-copine de Miguel Boivin, ce jeune homme accusé de voies de fait, de menaces de mort et de séquestration à son égard, a raconté comment elle avait vécu la soirée du 23 septembre dernier, lors de la première journée du procès de l’individu de 26 ans. Elle a témoigné du caractère jaloux, contrôlant et violent de son ex-copain, mais a aussi admis l’avoir frappé à quelques reprises durant leur relation tumultueuse.

Les événements reprochés à Miguel Boivin, qui est détenu à la prison de Roberval, remontent à un dimanche soir du mois de septembre dernier.

Le procès de Miguel Boivin, accusé de séquestration, de voies de fait et de menaces de mort, a débuté jeudi, au Palais de justice de Chicoutimi, avec le témoignage de la présumée victime.

La présumée victime a raconté qu’elle était rentrée à la maison après être allée au cinéma avec son père et que Miguel Boivin était en état d’ébriété. Les deux amoureux consommaient régulièrement des stupéfiants, comme des amphétamines et du GHB, et leur relation était malsaine, a témoigné la plaignante, qui avait demandé à ce qu’un paravent soit installé en salle de cour afin qu’elle ne voit pas l’accusé durant son témoignage.

La chicane aurait alors éclaté, puisque Miguel Boivin voulait, toujours selon la jeune femme, « partir sur la brosse » ce soir-là. La jeune femme ne voulait pas et il lui aurait dit qu’il irait voir une autre fille. La situation a dégénéré.

Selon son témoignage, Miguel Boivin l’aurait agrippée lorsqu’elle se serait emparée des bouteilles de gin pour limiter la consommation de son copain. Les deux se seraient ensuite déplacés dans la chambre, où Boivin l’aurait étranglée alors qu’elle était assise sur un matelas au sol. Elle se serait délivrée, puis serait allée dans la salle de bain pour reprendre son cellulaire et appeler la police, mais Boivin l’aurait jeté dans la toilette. Elle a tout de même pu composer le 911. La bousculade se serait ensuite poursuivie dans la cuisine et la jeune femme a voulu sortir, mais Boivin l’aurait prise par le bras et elle se serait cognée contre le cadre de porte. Un échange de morsures s’est également produit à un certain moment.

Il l’aurait poussée dans la garde-robe et se serait emparé d’un couteau pour la menacer. La police est arrivée à ce moment et la jeune femme a fui sur la galerie. Le jeune homme a été embarqué dans l’autopatrouille et la jeune femme a porté plainte. Des photos de ses ecchymoses ont été prises par les enquêteurs, ce soir-là, notamment des traces de doigts sur son cou et de la morsure à son oreille gauche. Ces photos ont été déposées en preuve par le ministère public.

« Il m’a dit plusieurs fois que c’est ce soir qu’il me tuait. J’ai vraiment cru que j’allais mourir », a témoigné la jeune femme.

Miguel Boivin a plaidé non coupable aux accusations et avait été envoyé en thérapie pour ses problèmes de consommation, après sa comparution en septembre. Mais il a été épinglé en décembre, alors qu’il était toujours en thérapie, avec un téléphone cellulaire, ce qui est interdit. Lui et sa présumée victime ont communiqué à de nombreuses occasions, ce qui représente 461 pages de textos. Des passages ont d’ailleurs été exposés en cour.

Olivier Théorêt représente les intérêts de Miguel Boivin.

À plusieurs occasions, Miguel Boivin dit que c’est difficile en thérapie et qu’il a peur que la jeune femme le trompe.

La Couronne a mis en preuve un échange précis.

« Je suis un batteur de femme, a écrit Boivin, sous le pseudonyme de Wayne Still. Je m’excuse. »

– « Je ne t’en veux plus », a dit la présumée victime.

– « Mais je l’ai fait. »

Lorsqu’il a été épinglé à communiquer avec sa présumée victime, Boivin a été renvoyé en détention.

La défense note des contradictions

En contre-interrogatoire, la plaignante a admis avoir frappé et poussé Miguel Boivin à quelques reprises, durant leur relation. Elle a avoué lui avoir lancé des objets, comme un tiroir, et lui avoir crié des insultes en brandissant une « corne d’éléphant ». Elle a dit avoir un caractère impulsif. Des échanges violents ont marqué leur relation.

Le procureur de la défense, Me Olivier Théôret, a fait ressortir plusieurs contradictions entre le témoignage de la plaignante et la déclaration qu’elle avait faite aux policiers, le soir des événements.

La jeune femme a répété à plusieurs reprises qu’elle avait vraiment eu peur et qu’il était possible qu’elle se soit mêlée sur la chronologie des événements.

Le contre-interrogatoire de la jeune femme a été ajourné jusqu’au 12 février, alors que la défense continuera à lui poser des questions. La défense prévoit aussi faire témoigner Miguel Boivin, qui aurait une autre version des événements.