Guy Tremblay, 93 ans, a perdu la vie dans l’incendie de sa maison causé par Matthieu Parente-Soares dans la nuit du 12 au 13 juin 2017.

Sept ans pour Parente-Soares

Dès qu’il aura purgé sa peine de sept ans d’emprisonnement pour avoir causé la mort d’un Almatois de 93 ans à l’été 2017, le ressortissant français Matthieu Parente-Soares sera expulsé du pays et ne pourra plus jamais remettre les pieds au Canada.

Après avoir été déclaré coupable d’homicide involontaire et d’incendie criminel par un jury de onze personnes le 29 septembre dernier, Matthieu Parente-Soares a pris le chemin des cellules le visage en larmes, mardi matin, après que le juge Louis Dionne de la Cour supérieure ait rendu sa sentence au Palais de justice d’Alma. 

Invité par le juge à s’adresser au public et à la famille de la victime – qui était présente dans la salle –, l’homme de 31 ans a préféré garder le silence et est demeuré assis dans le box des accusés. 

Parente-Soares a écopé de peines à purger simultanément de sept années de détention pour le chef d’homicide involontaire et de cinq ans pour celui d’incendie criminel. Le juge a soustrait une période de 752 jours à la peine pour le temps passé en détention préventive. 

Comme le détenu ne possède pas la nationalité canadienne, il sera expulsé vers la France dès qu’il sortira du pénitencier.

Incendie mortel

Rappelons que le 13 juin 2017, le ressortissant français avait mis le feu à la résidence de son ex-amie de cœur située sur la rue Sacré-Cœur à Alma.

L’incendie avait coûté la vie au grand-père de son ex-copine, Guy Tremblay. Ce dernier dormait dans sa chambre barrée à clé et il est mort après avoir inhalé de la fumée, selon le rapport du coroner.

Le soir du drame, Matthieu Parente-Soares était en détresse et n’avait nulle part où dormir. Il avait été hébergé par la propriétaire de la résidence qui lui avait offert de dormir dans une annexe de la maison, à condition qu’il ne tente pas d’entrer l’intérieur pour importuner son ex-conjointe. Elle se trouvait cette nuit-là avec sa sœur et son grand-père au sous-sol de la demeure familiale. 

Lors des semaines précédentes, le détenu s’était querellé à plusieurs reprises avec son ex-copine au point où les deux s’étaient séparés, et il avait aussi fait une tentative de suicide. 

Accueilli « comme un fils » par sa belle-famille à son arrivée au Québec, Parente-Soares a vite constaté qu’il ne pourrait pas parler à son ex le soir fatidique. 

Dans un accès de colère, il a ensuite allumé un bout de bois qu’il n’est pas parvenu à éteindre. Il s’est par la suite recouché, faisant semblant de dormir, sans avertir personne que le feu était pris. Tous les occupants avaient pu quitter la demeure, sauf Guy Tremblay.

Matthieu Parente-Soares a pris le chemin de la détention, où il devra passer les sept prochaines années.

Famille soulagée

La peine imposée à Matthieu Soares a semblé faire l’affaire de la famille de la victime. 

La Couronne demandait initialement une peine de 10 à 12 ans de pénitencier tandis que la défense avait suggéré une incarcération de deux ans moins un jour dans une prison provinciale.

« Ce n’est pas le chiffre qu’on avait proposé au juge, mais on pense que c’est dans les barèmes de peines appropriées », indique la procureure de la Couronne, Me Nicole Ouellet. 

Pour la propriétaire de la maison incendiée et belle-fille de la victime, l’heure est venue de boucler la boucle de cette terrible épreuve et de penser d’abord à la victime. Quant à Matthieu Parente-Soares, Mme Bouchard n’est pas encore prête à parler de pardon. 

« C’est un geste de colère extrême. Je n’en suis pas là pour l’instant, le pardon et tout ça... Ce n’est pas quelque chose que je me suis demandé si je lui pardonne ou pas », a dit Johanne Bouchard à la sortie de la salle de cour.

Danielle Maricau-Adant, la grand-mère de l’accusé, était venue de France pour entendre le verdict.

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«ÇA RESTE UN GESTE DE FOLIE TOTALE»

Une seule personne s’est effondrée en larmes lorsque le juge a rendu sa sentence, mardi matin : la grand-mère de Matthieu Parente-Soares, qui était venue de France pour connaître le sort de son petit-fils, mardi matin. 

Près d’un an et demi après le drame qui s’est joué à Alma, celle qui a élevé Parente-Soares depuis ses 12 ans ne comprenait toujours pas ce qui a bien pu passer dans la tête de son petit-fils.

Une heure après le verdict, la femme de 73 ans s’est adressée aux médias dans les couloirs du Palais de justice d’Alma après avoir encaissé le choc. 

« Je crois qu’il y a eu un énorme boom dans sa tête, et qu’il n’a plus su gérer quoi que ce soit. Il adorait cette famille. Il adorait Guy, le grand-père qui est décédé... Ça reste un geste de folie totale. Je crois qu’il n’a même pas réalisé. [...] Peut-être que c’est un geste qu’il a fait comme ça, machinalement », a raconté Danielle Maricau-Adant, qui convient que le jugement rendu était prévisible en vertu de la gravité des gestes commis. « Il a été reconnu coupable et il doit rendre des comptes à la société. »

Signe que la communication est toujours bonne entre les deux familles, c’est la belle-fille de la victime, Johanne Bouchard, qui a été la première à se lever mardi pour réconforter Mme Maricau lors du prononcé de la sentence. 

« Je trouve que l’entraide, c’est être humain », a fait savoir la propriétaire de la résidence incendiée par Matthieu Parente-Soares. 

Guy Tremblay, 93 ans, a perdu la vie dans l’incendie de sa maison causé par Matthieu Parente-Soares dans la nuit du 12 au 13 juin 2017.