Sept ans et dix mois pour un voleur d'armes

Raphaël Turcotte a volé plusieurs armes à feu au commerce Pronature d’Alma et il a poussé l’audace de profiter de son séjour en détention pour organiser la vente illégale de ses armes. Tout semblait bien aller, jusqu’au jour où il a été dénoncé et arrêté.

Vendredi, il a écopé d’une lourde peine de 7 ans et 10 mois de pénitencier. Jordan Buissereth, le potentiel deuxième acheteur des armes, a plaidé coupable et obtenu une peine de 21 mois de détention.

Au Palais de justice d’Alma, Turcotte a réglé tous ses dossiers criminels vendredi dernier. Cela comprend le vol des armes à feu, le trafic de ces armes, une introduction par effraction et une série de vols de bateaux et de remorques. Buissereth a fait de même lundi matin à Chicoutimi.

Selon la preuve dévoilée, l’individu d’Alma a dérobé 25 armes de poing au commerce Pronature d’Alma en octobre 2018.

Me Marie Sirois, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a précisé que Turcotte a planifié, alors qu’il se trouvait en détention en thérapie fermée (vols de bateaux et de remorques), la vente des armes.

L’Almatois est parvenu, autour du 16 janvier 2019, à concrétiser la vente d’une partie de ses armes à un premier acheteur, le Jonquiérois Jean-François Bergeron (qui n’est pas celui des Hells Angels).

Jusque-là, les choses semblent se dérouler rondement pour Turcotte et Bergeron.

Le 21 janvier, après quelques jours de tractations via Snapchat, Bergeron trouve un acheteur potentiel en Buissereth.

Le Montréalais Jordan Buissereth écope d’une peine de 21 mois de détention pour complot pour la cession illégale d’armes à feu, de possession d’armes à feu et d’armes à autorisation restreinte sans posséder les permis et de bris.

L’individu de Montréal se rend jusqu’à L’Étape, dans la Réserve faunique des Laurentides, le soir du 21 janvier pour prendre possession de ses nouvelles acquisitions.

Sur place, Buissereth prend place dans le véhicule conduit par Bergeron, qui était accompagné de sa conjointe de l’époque, Laurence Riverin-Desrosiers.

Il y a une chose que le trio ne sait pas. C’est que Bergeron est filé par la Sûreté du Québec, qui enquêtait sur du trafic de stupéfiants.

Croyant alors que Buissereth et Bergeron étaient pour concrétiser une transaction de drogue, les enquêteurs de la SQ ont voulu les intercepter. Bergeron a plutôt pris la décision de fuir. Durant la poursuite, Buissereth a jeté un sac par une fenêtre.

Au moment de l’arrestation, les policiers ont pu récupérer le sac et ont découvert neuf armes à feu à l’intérieur. Ils ont aussi saisi plus de 8000 $ en argent américain dans les poches de Buissereth, dont les intérêts étaient défendus par Me Louis Miville-Deschenes.

Lors des interrogatoires, Riverin-Desrosiers a fait une déclaration écrite et approuvée (KGB) précisant le rôle de tout un chacun dans cette affaire, impliquant au passage Steeve Béland et Marie-Philippe Côté.

Turcotte écope donc d’une sentence de sept ans et dix mois de pénitencier pour l’ensemble de son oeuvre, alors que Buissereth règle pour 21 mois, peine à laquelle le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, a retranché l’équivalent de 12 mois de détention préventive.

Buissereth sera en probation durant deux années à sa sortie de prison et ne pourra remettre les pieds au Saguenay-Lac-Saint-Jean et ne pourra avoir de contacts avec les personnes visées dans la perquisition.

Il faut aussi savoir que Jean-François Bergeron a réglé son dossier à la fin du mois de juin et a écopé de cinq années de pénitencier. Le tribunal devrait entendre les causes de Béland, Riverin-Desrosiers et Côté au cours des semaines à venir.

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UN BON APPUI

Même si la peine de 21 mois est importante pour Jordan Buissereth, son avocat et les membres de sa famille croient qu’il peut reprendre le droit chemin.

Au moment où il a été condamné par le juge Pierre Simard, les proches de l’accusé auraient bien voulu le serrer dans leurs bras, mais le tribunal n’a pu les autoriser à le faire.

«Bon courage. On t’aime beaucoup. Fais ce qu’il faut pour sortir de prison en forme», lui a même lancé son père, qui était accompagné de ses autres enfants, juste avant que l’accusé ne retourne au bloc cellulaire.

Buissereth, 25 ans, devait subir son enquête préliminaire lundi matin au Palais de justice de Chicoutimi. Mais devant le tribunal, l’accusé a demandé une substitution d’avocat, passant de Me Nicolas Gagnon, de l’Aide juridique, à Me Louis Miville-Deschenes, de Montréal.

«Dans toute cette affaire, mon client a été pris dans un engrenage qu’il ne connaissait pas. Il ne savait pas que Jean-François Bergeron était suivi par la police. Mon client n’est d’ailleurs pas impliqué dans les affaires de drogue», a mentionné le criminaliste, à la sortie du tribunal.

«Notre seule voie de sortie aurait été de discréditer la personne qui a tout donné à la police et il aurait fallu se demander si elle avait eu une bonne raison de mentir. À partir de là, il était préférable de négocier et d’accepter une offre qui nous était faite. Car si nous étions allés en procès et que nous avions perdu, la sentence n’aurait sans doute pas été la même», a repris Me Miville-Dechenes.

Le droit chemin

Ce dernier croit que son client peut reprendre le droit chemin. Il possède un bon encadrement familial et a déjà eu des emplois à temps complet. 

Du côté du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Marie Sirois a tout de même souligné les antécédents judiciaires de Buissereth, précisant qu’il avait eu six mois de prison en 2014 pour une possession de drogue et des bris d’engagement, tout en précisant qu’il avait aussi des dossiers du Tribunal de la jeunesse.