Le 29 novembre 2017, les policiers ont saisi près de deux kilogrammes de cocaïne, 3000 comprimés de drogue de synthèse (métamphétamines), sept armes à feu, sept véhicules et plus de 140 000 $ en argent comptant lors de perquisitions à Saint-Honoré, Laterrière, Shipshaw, Larouche et dans la région de Montréal.

Senneville coupable sur toute la ligne

Yohann Senneville, de Saint-Honoré, n’aura pas réussi à démontrer, par le témoignage d’amis, qu’il n’était pas impliqué dans le trafic de cocaïne et de métamphétamines sur le territoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Il a plutôt été reconnu coupable et identifié comme le bras droit de Gabriel Girard, identifié comme la tête dirigeante du réseau.

La juge Isabelle Boillat, de la Cour du Québec, a prononcé son verdict, mercredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Elle a reconnu sans équivoque la culpabilité de l’homme de 41 ans de possession pour faire le trafic, de complot pour le trafic et trafic de stupéfiants entre le 3 février 2016 et le 29 novembre 2017.

Senneville et 20 autres individus ont été arrêtés le 29 novembre 2017 dans le cadre de l’opération Nocif, menée par les membres de l’Escouade régionale mixte (ERM).

À cette période, les policiers avaient mené une enquête de plus de deux ans afin de faire tomber cet important réseau de trafiquants de stupéfiants, qui avait obtenu la permission des Hells Angels du chapitre de Trois-Rivières pour agir sur le territoire régional.

À la conclusion de l’enquête, les agents ont identifié Pierre Beauchesne, de Montréal, comme étant l’homme qui approvisionnait la tête dirigeante régionale, Gabriel Girard (six ans de pénitencier), et l’un de ses proches dans le trafic de stupéfiants, Jimmy Côté (six ans et demi de pénitencier), et de nombreuses autres personnes.

Durant la lecture de son verdict, la juge Boillat a mentionné que l’accusé avait été vu en présence de Bernard « Ben » Plourde et de Jean-François Bergeron, deux membres en règle des Hells Angels, et d’All Boivin. Il faut savoir que ces trois individus n’ont pas été accusés en lien avec l’opération Nocif.

« La surveillance policière, la preuve audio et les échanges de textos démontrent que vous avez été en présence de Gabriel Girard à de nombreuses reprises et que vous vous êtes rendus voir Ben Plourde et Jean-François Bergeron. En plus, vous étiez en position d’autorité auprès de certaines personnes, à qui vous donniez des ordres qu’elles devaient exécuter », indique la juge Boillat.

« Un autre élément de votre implication, la cocaïne que vous receviez était d’une grande pureté. Elle l’était à 85 pour cent, ce qui signifie qu’elle provenait de la tête dirigeante et que vous en étiez assez près. Et vous connaissiez très bien les prix, les quantités et la qualité », ajoute la magistrate.

Lors de son procès, Senneville ne s’est pas rendu à la barre des témoins, comme cela est son droit. Il a plutôt demandé à deux amis de témoigner en sa faveur. Mais les résultats n’ont pas été positifs.

« Maxime Harvey m’est apparu comme non fiable et non crédible. Il a été hésitant dans ses réponses et il avait de la difficulté avec les dates, les années et les saisons. Il a souvent modifié ses réponses, notamment s’il connaissait les antécédents judiciaires de Gabriel Girard. Il a dit non, peut-être et oui. Même chose lorsqu’il a été question d’une enquête policière. Son témoignage ne tenait pas », a poursuivi la juge.

« Les policiers ont témoigné avec aplomb, crédibilité et fiabilité. Ils ont présenté une preuve globale. La défense n’a présenté aucune preuve disculpatoire. Il n’y a aucun doute sur la culpabilité de l’accusé sur les trois chefs », a conclu la magistrate.

Un rapport présentenciel a été demandé afin de mieux connaître l’accusé. Son avocat estime que son client a changé depuis les dernières années.

« Nous sommes satisfaits du verdict. La juge a placé l’accusé exactement où nous l’avions situé dans l’organisation, soit comme le bras droit de Gabriel Girard. Il a aussi été démontré qu’il avait du monde sous ses ordres », a indiqué Jean-Simon Larouche, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).