Patrick Michaud part pour la prison pour les 16 prochains mois après avoir plaidé coupable à des accusations en lien avec de la pornographie juvénile.

Seize mois pour de la porno juvénile

Patrick Michaud a finalement été incarcéré avant même que le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, ne prononce la peine de 16 mois de détention qu’il lui a imposée.

L’individu de 44 ans a reconnu avoir possédé et distribué de la pornographie juvénile, et d’avoir rendu ces images accessibles. 

Le Chicoutimien avait été arrêté en avril 2017 après avoir transmis par Skype des images à 11 reprises à d’autres individus.

Son incarcération avait été prévue dès lundi, mais l’homme a demandé d’attendre au prononcé de la sentence pour prendre le chemin de la prison de Roberval. 

Et vendredi matin, il a demandé au tribunal d’être immédiatement incarcéré, même si la sentence n’est tombée qu’en après-midi. 

En début de semaine, Me Jean-Marc Fradette, en défense, avait réclamé une peine de 12 mois de détention, soit la sentence minimale prévue au Code criminel canadien, alors que Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne, avait estimé que 18 mois de détention permettraient de tenir compte de la gravité des images retrouvées.

«Je ne suis pas d’accord avec la défense sur le fait d’imposer la peine minimale. Il y a eu partage de fichiers et distribution. Il y avait des images dégradantes dans ce qui a été retrouvé. Vous n’avez pas abusé des enfants, mais vous avez distribué et partagé des images où des adultes le faisaient», explique le magistrat.

«Il faut aussi savoir que la société évolue et n’accepte plus ces gestes. La Cour d’appel du Québec nous dit que les peines doivent être plus sévères pour ces infractions, car c’est la protection des enfants qui prime», a ajouté le juge Daoust, en prononçant la peine de 16 mois de détention.

Dans sa décision, le président du tribunal a tenu compte du fait que l’accusé n’a pas cherché d’aide pour venir à bout de sa déviance sexuelle, alors qu’il aurait été en mesure de le faire assez facilement. En fait, il a obtenu de l’aide à la suite de son arrestation.

«Vous avez dit que vous aviez trouvé favorable votre arrestation, ce qui est impressionnant. Je note d’ailleurs que vous avez fait des efforts pour vous réhabiliter, mais qu’il y a encore du chemin à faire.»

«Je termine en disant que si des enfants vivent des traumatismes, c’est que des gens en achètent [pornographie juvénile] et en consomment et que des gens comme vous en distribuent aussi. Dans votre rapport sexologique, on parle d’un trouble apparent à la pédophilie », a conclu le juge Daoust.

À sa sortie de prison, Michaud sera soumis à une probation et à un suivi de 24 mois. Il sera inscrit au registre des délinquants sexuels pour la balance de ses jours et devra fournir un échantillon d’ADN.

Il ne pourra se trouver dans un parc public ou un endroit où l’on peut penser y retrouver des enfants de moins de 16 ans, ne pourra avoir un emploi en relation de confiance avec des jeunes de moins de 26 ans et ne peut avoir de contacts avec des mineurs. Il ne pourra utiliser Internet pour les prochaines années.

Gravité

Les experts de la SQ avaient déniché 414 photos compromettantes et 38 vidéos, dont 11 à l’échelle 3 de la gravité de la pornographie juvénile dans les appareils électroniques de l’accusé. Cela signifie que l’on y voit des enfants de moins de 14 ans avec des adultes dans des positions plus que suggestives.

Le juge Daoust a d’ailleurs mentionné que sur les photos trouvées, on y voyait des fillettes faire des fellations, certaines se sont retrouvées avec du sperme sur leur ventre, alors qu’à d’autres occasions, le pénis des hommes touchait le vagin des enfants, sans la pénétration.