Saoule au volant avec un enfant à bord

Si elle avait évolué dans une équipe de baseball, les performances d’une Baieriveraine lui auraient permis de frapper un grand chelem, soit un circuit alors que trois joueurs se trouvent sur les buts. Mais devant la justice, les quatre facteurs aggravants à son dossier lui ont plutôt valu une amende de 1600 $ et la perte de son permis de conduite pour une période d’une année.

Et la dame de 37 ans peut se compter chanceuse qu’une accusation de voies de fait n’ait pas été déposée contre elle.

Le 20 novembre 2017, la dame circule à Saint-André, au Lac-Saint-Jean, lorsqu’elle perd le contrôle de son véhicule et s’immobilise dans la neige. Un premier coup sûr.

À l’arrivée des policiers, la conductrice se trouve dans une résidence à proximité. Les policiers de la Sûreté du Québec notent rapidement qu’elle se trouve en état d’ébriété. Elle soufflera plus tard des taux de .226 et de .231. Deuxième coup sûr.

Lorsqu’elle a pris son véhicule et qu’elle s’est retrouvée en mauvaise posture, la dame conduisait avec son enfant de cinq ans sur le siège arrière. Troisième coup sûr.

La cliente de Me Luc Tourangeau a frappé son grand chelem lorsqu’elle s’est élancée et a frappé le policier entre les jambes. Celui-ci en a eu le souffle coupé et a dû par la suite coucher la contrevenante au sol et a tenté de la menotter en attendant du renfort.

« Même au sol, la dame a essayé d’atteindre l’entrejambe du policier avec un coup de pied. Elle a même craché sur lui », a résumé Me Jean-Sébastien Lebel.

La dame a voulu contester cette allégation, mais lorsque le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, lui a demandé si elle se souvenait de cet événement, elle a tenu des propos plutôt évasifs.

« Je me souviens d’avoir pris mon véhicule alors que j’étais en état d’ébriété avancé, mais je ne me rappelle pas avoir frappé le policier ou de lui avoir craché au visage », a-t-elle répondu.

« Je sais que j’étais fâchée et que je me suis débattue. Mais les autres détails, je ne m’en souviens pas », de poursuivre l’accusée.

Le juge Daoust a reconnu la dame coupable de conduite avec les facultés affaiblies et a retenu les facteurs aggravants de la sortie de route, du taux d’alcool, de la présence de l’enfant et des coups portés au patrouilleur.

« Je n’ai pas une preuve qui me démontre que vous n’avez pas frappé le policier. Vous vous en tirez bien, car une accusation de voies de fait aurait pu être déposée », a conclu le magistrat, en imposant l’amende de 1600 $ et une interdiction de conduire de 12 mois.