Une perquisition policière a été menée à la résidence du 2739, Chemin de la Batture, à Laterrière.

Saisie monstre

Une vingtaine d’individus ont été arrêtés, tôt mercredi matin, dans le cadre de l’opération policière NOCIF menée à Saint-Honoré, Laterrière, Larouche, Shipshaw et Saint-Bruno, de même qu’à Montréal, dans la couronne nord de Montréal, en Montérégie et dans Lanaudière. Ces perquisitions visaient à mettre un terme aux activités d’un réseau de distribution de drogue.

L’enquête policière tend aussi à démontrer que deux membres en règle des Hell’s Angels, Bernard Plourde et Jean-François Bergeron, ont été identifiés à l’intérieur du réseau durant l’enquête qui a duré près de deux années. 

La résidence de Plourde, à Laterrière, a été perquisitionnée, mais ni lui ni Bergeron n’ont été accusés. Il leur est interdit d’être en contact avec les individus arrêtés par ordre de la Cour. Des membres des Deimos Crew et des Devils Ghosts seraient aussi impliqués dans le réseau.

Plus de 120 policiers de l’Escouade régionale mixte du Saguenay-Lac-Saint-Jean (ERM), de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) et de l’Escouade de répression du crime organisé de la Sûreté du Québec sont débarqués aux domiciles de plusieurs individus visés par ce réseau.

La maison du 1500 chemin du Ruisseau, à Saint-Honoré, a été l’objet d’une descente policière dans le cadre de l’opération NOCIF.
Les policiers ont fouillé cette résidence de Shipshaw dans le cadre de l’opération policière.

Selon un premier bilan de l’opération NOCIF, les policiers ont saisi près de deux kilogrammes de cocaïne, 500 millilitres de GHB, 3000 comprimés de drogue de synthèse (métamphétamines), sept armes à feu, sept véhicules et plus de 140 000 $ en argent comptant. Une résidence de Saint-Gabriel-de-Brandon fait l’objet d’un blocage.

Les agents ont arrêté 22 personnes sur les 24 identifiées dans le cadre de cette enquête policière. Parmi celles-ci 12 ont comparu au Palais de justice de Chicoutimi, alors que les autres l’ont fait dans leur région respective.

Les suspects sont âgés de 24 à 71 ans et certains sont bien connus des milieux policiers et du monde judiciaire. Certains devraient comparaître cet après-midi au Palais de justice de Chicoutimi et font face à des accusations de possession, de trafic de stupéfiants et de complot.

« Parmi les suspects, certains sont effectivement connus de nos milieux. Nous n’avons pas arrêté tout le monde ou accusé tous ceux qui ont été visés, car nous ne pouvons toujours le faire lorsque ça se produit en cours d’enquête », explique Jean Tremblay, porte-parole de la Sûreté du Québec.

« Mais si lors de l’enquête, les policiers trouvent des éléments incriminants, ces suspects seront alors arrêtés officiellement et accusés », ajoute M. Tremblay.

Il semble que le réseau de distribution voyait à fournir les revendeurs de drogue en cocaïne, en cannabis et en drogue de synthèse. 

Les prévenus sont arrivés à bord de véhicules de la Sûreté du Québec, près d’une dizaine, au Palais de justice de Chicoutimi.
Réal Girard, le plus âgé des individus arrêtés (71 ans), a pu recouvrer sa liberté.

La plupart des individus restent détenus

Trois des 22 individus arrêtés dans le cadre de l’opération NOCIF sont parvenus à recouvrer leur liberté. Tous les autres demeurent détenus en attente de leur enquête de remise en liberté. 

Mais déjà le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a avisé les accusés que ceux-ci s’exposent à une peine minimale de 12 mois pour avoir vendu la drogue au profit d’une organisation criminelle.

Le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, a vu défiler devant lui une douzaine d’accusés, dont Gabriel Girard (1976-02-16), de Saint-Honoré, Francis Côté (1987-08-27), de Shipshaw, Alain Gagnon (1957-10-03), de Chicoutimi, Maxime Martel (1983-07), de Métabetchouan, Yohann Senneville (1976-09-03), de Saint-Honoré, Tommy Lessard-Vaillancourt (28 ans), Marc-André Dallaire (1983-01-30), de Saint-Bruno, Stéphane Sinnett (1965-06-14), de Mirabel, et Steeve Gauthier qui ont vu le DPCP s’opposer à leur remise en liberté.

Par contre, Steeve Pelletier (1985-09-18), d’Hébertville, Sébastien Patoine (1973-03-15), de Larouche, et Réal Girard (1946-03-18), de Chicoutimi, ont pu recouvrer le chemin de leur liberté en attendant la suite des procédures.

« Il y a eu 12 comparutions dans le district de Saguenay, mais certains autres ont comparu ailleurs au Québec. Ils sont accusés de possession, de trafic et de complot. On parle d’une grosse opération policière », mentionne Me Marie Sirois, du DPCP.

Celle-ci a aussi précisé aux accusés qu’il leur était interdit de communiquer ou de diffuser la preuve retenue contre eux à qui que ce soit sauf lors des procédures judiciaires.

Si le démantèlement de ce réseau de distribution semble avoir surpris bien des gens, certaines personnes ont avoué ne pas comprendre, car les individus arrêtés avaient été avisés de faire preuve de prudence en raison d’une possible rafle policière.