Salematou Camara est accusée de possession d’argent en provenance d’une infraction criminelle.

Saisie d'armes à L'Étape: trois autres comparutions

Trois individus domiciliés dans le 9e Rang, à Saint-Ambroise, soit Steeve Béland, Marie-Philippe Côté et Salematou Camara, ont comparu mercredi au Palais de justice de Chicoutimi, en lien avec la saisie de stupéfiants et d’armes à feu survenue dans la Réserve faunique des Laurentides.

Béland (45 ans) est accusé de possession d’armes à feu dans le but de les céder, alors que Côté aurait comploté pour le trafic d’armes à feu. Quant à Camara (28 ans), elle fait face à une accusation de possession d’une somme de plus de 5000 $, sachant que cet argent provenait du crime.

Me Marie Sirois, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a mentionné que d’autres chefs d’accusation pourraient être portés contre ces trois individus, de même que pour Jean-François Bergeron (Jonquière), Laurence Riverin-Desrosiers (Jonquière) et Jordan Buissereth (Montréal), qui ont comparu mardi.

Salematou Camara a recouvré sa liberté mercredi après-midi après le dépôt d’un montant de 1000 $. Laurence Riverin-Desrosiers a aussi été remise en liberté après un dépôt personnel de 2000 $ et un autre du même montant de la part de sa mère. L’accusée devra respecter un couvre-feu et demeurer chez sa mère.

« Nous nous opposons à la remise en liberté de certains accusés parce que la preuve est volumineuse, et il y a plusieurs personnes d’impliquées dans cette opération. Avant de prendre une décision sur la remise en liberté des gens, je dois m’assurer de faire le tour de la preuve qui m’a été acheminée par la Sûreté du Québec. J’en ai reçu une partie et il y en a encore à recevoir. Je veux en prendre connaissance au complet pour prendre une décision éclairée », mentionne Me Sirois.

« Quant à savoir s’il y aura d’autres comparutions, si j’en arrive à avoir une preuve hors de tout doute raisonnable, je n’écarte pas la possibilité de déposer d’autres accusations », indique la procureure de la Couronne.

Steeve Béland, de Saint-Ambroise, demeure incarcéré au moins jusqu’à vendredi.

Lundi soir, les policiers de l’Escouade régionale mixte (ERM) et du Bureau régional des enquêtes (BRE) ont procédé à une importante saisie d’armes de poing et de stupéfiants, à proximité du restaurant de L’Étape, dans la Réserve faunique des Laurentides.

Les agents ont intercepté un véhicule, conduit par Jean-François Bergeron, sur la route 175. Sur place, ils ont arrêté trois individus. L’enquête a permis de procéder à au moins six autres arrestations à la suite de trois perquisitions. Les policiers ont saisi des armes, de l’argent, des stupéfiants et un véhicule.

Malgré l’ampleur de la saisie et le nombre important d’individus arrêtés, impossible de savoir si ces gens étaient reliés à un réseau de trafiquants ou à un groupe criminalisé.

« Nous n’avons pas déposé de chefs d’accusation de gangstérisme au niveau d’un réseau. On voit qu’il y a une certaine cohérence dans les accusations portées. On sait qu’il y a des ramifications entre les individus, et c’est la raison pour laquelle il y a une interdiction de contacts entre eux », a précisé la procureure de la Couronne, Me Marie Sirois.

« Il faut comprendre que nous avons saisi des armes de poing à autorisation restreinte et que ça devient un facteur aggravant pour la sécurité du public étant donné que ces armes se retrouvaient dans la rue », a-t-elle ajouté.

Plusieurs vols

Si les armes saisies sur la route 175 proviennent du commerce Pronature d’Alma, les policiers poursuivent leur enquête afin de voir si toute cette histoire peut avoir un lien avec les vols similaires commis dans des commerces de Sherbrooke, en octobre, et de Magog, en novembre.

Marie-Philippe Côté est accusée d’avoir comploté pour le trafic d’armes à feu.

Aux trois endroits, les cambrioleurs se sont surtout attardés aux armes de poing.

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MÊME ARMES QUE LES POLICIERS

Les armes de poing à autorisation restreinte saisies dans la Réserve faunique des Laurentides sont similaires à celles utilisées par les policiers ou les gardes-chasse. Ces armes avaient été dérobées au commerce Pronature d’Alma en octobre dernier.

« Elles sont petites et facilement dissimulables dans un manteau. Nous vendons les armes de poing uniquement pour tirer sur des cibles dans un club de tirs. Les gens ne peuvent pas les utiliser ailleurs », de dire Simon Blackburn, de Pronature d’Alma.

Après utilisation, les détenteurs d’un permis doivent laisser leur arme sur place. 

Les dommages de ces armes de poing peuvent être aussi importants qu’une arme de chasse.

M. Blackburn mentionne que son commerce a toujours répondu aux normes de sécurité de la Sûreté du Québec (SQ). 

D’ailleurs, les responsables de la SQ sont passés à son commerce d’Alma pour confirmer que l’édifice respecte toutes les normes de sécurité en matière d’entreposage des armes à feu.

« Ceux qui ont volé chez nous ont dû travailler très fort pour commettre leur méfait et repartir avec les armes. Cela a dû leur prendre au moins une heure pour y parvenir », a mentionné M. Blackburn.