Rémi Houle (ici photographié en 2015) devra encore purger une peine d'un peu plus de quatre mois pour possession et accès à de la pornographie juvénile.

Rémi Houle: encore quatre mois pour porno juvénile

Le septuagénaire Rémi Houle devra encore passer quatre mois et 11 jours derrière les barreaux pour possession et accès à de la pornographie juvénile.
C'est ce qu'a décidé jeudi le juge à la Cour du Québec, Pierre Simard, au Palais de justice de Chicoutimi.
L'homme de 76 ans a été condamné à huit mois pour la possession et à trois mois pour l'accès. Contrairement à ce que demandait l'avocat de la Couronne, Me Jean-Sébastien Lebel, les peines ne sont pas consécutives. Ceci revient à dire qu'elles s'écouleront en même temps, pour un total de huit mois.
Le juge Simard a pris en considération le temps que M. Houle a fait en détention, soit depuis le 26 avril. D'avril au 12 juillet, le temps est compté en simple et durant la prise en délibéré par le juge, le temps compte au taux de 1,5. Ainsi, le juge a donc accordé un crédit de trois mois et 19 jours.
Le rapport présentenciel (qui trace un portrait de l'accusé) et un rapport psychiatrique, les deux défavorables, ont guidé le juge dans sa décision. Il a estimé que les deux rapports étaient « médiocres ». Les deux rédacteurs ont parlé de divers problèmes de cohérence et de confusion, ainsi que d'un refus de pleinement collaborer. Le psychiatre a même écrit qu'il était « possible qu'il ait pu prétendre être plus désorganisé qu'il ne le soit vraiment ».
La Cour n'a pas non plus tenu compte positivement du fait que M. Houle a plaidé coupable, après une preuve accablante contre lui. « Il y a absence de conscientisation et il est réfractaire aux traitements. La présentation de votre client est loin de me convaincre d'une prise en main importante », a lancé le juge Simard à Me Jean-Claude Ouellet, son avocat. Il a aussi expliqué qu'une plus grande clémence peut être accordée aux « gens qui font des efforts et qui reconnaissent leurs torts ».
Le juge devait également décider s'il se fiait au nouveau barème de peine minimale qui a augmenté depuis 2012. Il a estimé que la peine devait se situer entre 6 et 18 mois.
En 2011
L'homme de 76 ans s'est retrouvé dans la mire de la cybercriminalité après avoir été pris à offrir des boissons énergisantes à deux adolescentes au Valinouët, en 2011.
Invité au poste de police de la Sûreté du Québec afin de s'expliquer sur cet épisode, il avait avoué posséder de la pornographie juvénile dans son ordinateur. Neuf vidéos comprenant des actes sexuels faits par des mineurs y avaient été trouvés. Il possédait de plus 9360 photos « dont le caractère de pornographie n'est peut-être pas le plus intense », a reconnu le juge Simard. Lors du procès, Me Ouellet avait demandé à ce qu'ils ne soient pas considérés, ce qui a finalement été refusé.
Cinq ans
Il est également interdit au détenteur d'un baccalauréat en génie électrique de se trouver dans un parc public (où il pourrait raisonnablement y avoir des personnes âgées de moins de seize ans), une garderie, un terrain d'école, un terrain de jeu ou un centre communautaire pour cinq ans. Il ne pourra non plus avoir des contacts avec une personne âgée de moins de seize ans, à moins de le faire sous la supervision d'une personne que le tribunal estime convenir en l'occurrence. Il pourra seulement aussi utiliser Internet en conformité avec les conditions imposées par le tribunal.
Rémi Houle devra également se conformer à perpétuité au Registre national des délinquants sexuels. Il a obtenu cette sanction à vie, car il a été reconnu coupable de plus d'une infraction à caractère sexuel.