Raynald Régnier connaîtra sa sentence le 14 mars prochain, au Palais de justice d'Alma.

Régnier regrette

Raynald Régnier a profondément honte d'avoir téléchargé et consommé de la pornographie juvénile, entre 1998 et 2015. En s'exprimant au juge Jean Hudon à la fin des représentations sur la peine, lundi, au Palais de justice d'Alma, le quinquagénaire a exprimé des regrets et a assuré le Tribunal qu'il ne recommencera plus.
Il n'en demeure pas moins que l'individu, qui est propriétaire d'un dépanneur, risque de prendre le chemin des cellules. Le juge Hudon, qui a pris la cause en délibéré, rendra sa décision le 14 mars.
La représentante du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Amélie Savard, recommande une sentence de trois ans de pénitencier. Bien que la peine minimale soit de 12 mois d'emprisonnement pour des crimes en semblable matière, l'avocat de l'accusé, Me Jean-Marc Fradette, milite en faveur d'une sentence de deux ans moins un jour dans la collectivité.
La procureure de la Couronne au dossier dit avoir évalué le dossier de Régnier dans son ensemble et a exposé les facteurs aggravants et atténuants. « Pour nous, la gravité des gestes, combiné au profil de l'accusé, militait pour une peine de pénitencier. Nous avons évalué le nombre de dossiers, la période pendant laquelle monsieur a garni sa collection et de ce qui s'y retrouve, dont la particularité des images et l'âge des enfants », affirme Me Savard.
Lors de la présentation de la preuve sur la peine, l'enquêteuse Mélanie Bélanger de l'Équipe d'exploitation des enfants sur Internet a fait valoir que le cas de Régnier en était « un d'importance » en matière de gravité des crimes.
À la demande du ministère public, elle a présenté un échantillonnage des photos et vidéos saisis lors de l'arrestation de Régnier. 
Lors du visionnement, le principal intéressé s'est tourné la tête pour ne pas voir les images. Son avocat, Me Jean-Marc Fradette, a fait de même, estimant qu'il était injustifié de présenter ledit visuel.
Les fichiers téléchargés étaient datés du 16 juin 1998 et remontaient jusqu'à son arrestation, en janvier 2015. L'analyse des quelque 71 548 images et 2407 fichiers animés a duré plus d'un mois et demi.
« Il n'y a pas de victime directe dans ce type de crime là. Ça se fait dans une maison fermée, sans qu'il y ait d'attaque physique d'une victime. La peine de pénitencier me semble nettement exagérée. Si monsieur le juge en arrive à la conclusion qu'une peine dans la communauté est admissible dans le cas qui nous occupe, je pense que c'est la peine la plus appropriée », a plaidé Me Fradette. Il a ajouté que son client a fait tout ce qu'il faut pour s'en sortir, notamment en suivant une thérapie sexuelle pendant deux ans.